Mouche' de Marie Lebey

Publié le par Stef

mouche_.jpgMouche'
de Marie Lebey .

Editions Léo Scheer (16 janvier 2013)
126 pages
Roman, France


Le livre

Mouche', drôle de surnom pour une mère, surtout avec cette apostrophe en coin comme un clin d'oeil espiègle et affectueux.
Dans ce signe transparaît la fantaisie qu'elle partage avec sa fille romancière. Marie Lebey esquisse une caricature de sa mère, légèrement ridicule, avec son côté Madame Verdurin pour qui l'art et la beauté sont partout, sauf chez sa fille qu'elle ne voit pas. Elle va jusqu'à moquer ses origines belges dont Baudelaire dresse le portrait au vitriol dans Pauvre Belgique !
Après la mort de son mari et de sa fille aînée, Mouche' a un peu perdu la raison et enfermé sa fille dans un musée peuplé des fantômes de ses ancêtres et de ses écrivains fétiches.
Pour lui échapper, celle-ci n'avait pas d'autre issue que de devenir une femme, belle et séduisante, captant le regard des hommes dans le seul but d'exister enfin aux yeux de quelqu'un.

Note de l'éditeur

Avec cette originalité et cette drôlerie qui la caractérisent, et dont on comprend la source, Marie Lebey raconte, avec une tendre ironie, l'histoire de sa relation avec cette femme, mais sans jamais régler ses comptes, bien au contraire : Mouche' est une véritable lettre d'amour.

L'auteur

Marie Lebey est l'auteur chez Léo Scheer d'Oublier Modiano (2011). Mouche' est son quatrième roman.

Extrait

"Depuis que le professeur Lotz m'avait demandé de faire partie de son association, tous les samedis soirs à dix-neuf heures, je filais avec mon masque et mes palmes à la fosse de Villeneuve-la-Garenne pour m'entraîner. Sous l'eau, j'apprenais à dompter le néant en moi durant quinze secondes. Je plongeais à plus de vingt mètres de profondeur, une vraie descente sur l'échelle de Freud, qui valait bien une dizaine de séances chez mon psychanalyste.
Le professeur Lotz, chef du service d'oncologie de l'hôpital Raymond Poincaré, était si beau, avec ce visage tour à tour sombre et souriant, selon les perspectives de vie qu'il annonçait à ses patients. Quand il quittait sa blouse blanche pour se retrouver sur le carrelage de la piscine, son mythe de grand ponte résistait même à la coupe démodée de son maillot de bain.
Des moniteurs encadraient le petit club restreint que nous formions d'anciens malades en rémission. Une joyeuse bande de cloportes, morveux, chauves et grelottants, engoncés jusqu'au cou dans des équipements si lourds, que lorsque nous plongions, on aurait dit une unité spéciale de soldats britanniques débarquant sur les plages de Normandie. Sous l'eau, nos bouteilles d'oxygène prenaient le poids d'une bombe de crème chantilly, un monde aux dimensions nouvelles s'ouvrait à nous."

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