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Pardon la vie si j'ai survécu / Une femme de "caractères" de Christine Chancel

28 Janvier 2011 , Rédigé par Stef Publié dans #Auteurs auvergnats (Chroniques)

Pardon-la-vie-si-j-ai-survecu.JPGPardon la vie si j'ai survécu

de Christine Chancel
Le Moulin du Gué-Chaumeix
1ere parution Edition Jeanne d'Arc (2005)
132 pages

 

 

Résumé

Des deux premières années de ma vie, je ne sais rien ou presque : « j'ai failli mourir ».
Enfant, je suis déjà une adulte en réduction : je ne dois rien laisser paraître de mes joies ou de mes peines. « Ce n'est pas bien, c'est agaçant ». Les silences font partie de mon langage. Trop jeune je comprends intellectuellement l'étendue et la complexité du monde « des grands ».
À l'âge de 10 ans un séisme affectif me frappe de plein fouet : « Désormais je vivrai avec mes parents ».
Adolescente, la découverte d'une autre vie me propulse dans ce monde de « grands »...
Et Danielle est arrivée.
Adulte, Serge entre dans ma vie.

Un regard lucide et introspectif sur les 25 premières années d'une vie, avec ses joies, ses peines, ses rebondissements et ses cataclysmes. Un enchaînement de situations dramatiques et de rendez-vous manqués avec le bonheur. Un roman poignant.


 

 

une-femme-de-caracteres-copie-2.JPGUne femme de "caractères"
de Christine Chancel

Le Moulin du Chaumeix

1ere parution Editions Jeanne d'Arc (2005)

181 pages

 

Résumé

 

Originaire de Bourges, Christine Chancel s'adonne aux joies de l'écriture dans son petit village de Champs, au bord des Combrailles auvergnates.
Après le succès de son premier roman "Pardon la vie si j'ai survécu", l'auteur nous invite à partager le quotidien de Martine, une jeune femme qui élève seule sa fille, après l'échec d'un premier mariage.
C'est à l'âge de dix ans que Martine doit aller vivre avec ses parents, quittant une grand-mère qui avait jusque-là tendrement veillé sur elle. "On ne montre pas ses sentiments, ça ne se fait pas, c'est agaçant", lui intime-t-on !
La vie a amené Martine à se forger un "caractère". Elle a vingt-six ans et Serge vient de lui demander de l'épouser. Elle a besoin de réfléchir, elle l'aime plus que tout autre, mais... Martine décide alors de partir pour Capri. Elle ne fuit pas... Elle espère seulement que le dépaysement et la distance l'aideront à prendre la bonne décision...

 

 

Mon avis

 

Même si ce sont deux livres bien distincts, Pardon la vie si j'ai survécu et Une femme de "caractères" devaient être regroupés à l'origine dans un même ouvrage. Or l'éditeur initial en décida autrement et en fit deux tomes, ce que trouve un peu bête tant les deux sont, à mon avis, indissociables et forment un tout. C'est pour cette raison que mon billet regroupe les deux livres.

 

Cette histoire, c'est celle de Martine qu'on va découvrir enfant puis suivre dans  différentes étapes de sa vie. Celle de la construction d'une femme , faite de joies et de frustrations , d'envies et de craintes, de drames et de bonheur, de choix à faire.. Une histoire qui sonne juste et , ce qui à mon sens est une des grandes qualité de ce livre, où chacune de nous peut à un moment où à un autre se reconnaître.

J'ai aimé le style simple,. qui m'a parfois fait penser à une sorte de journal . Une des principales différences entre les deux tomes( et qui peut éventuellement justifier leur séparation) est le temps utilisé. Pardon la vie si j'ai survécu est écrit au passé , une femme de "caractères" se conjugue au présent.

Je pense pouvoir dire sans m'avancer que Christine  Chancel a mis beaucoup d'elle même dans cette histoire, tant, les mots , au risque de me répéter, "sonnent juste". Pas de larmoyance, (et pourtant la vie ne fût pas souvent simple pour Martine), au contraire beaucoup de pudeur dans l'écriture et chez Martine , qui "enfant , était déjà un adulte en réduction" qui ne devait rien laisser paraître de ses joies et de ses peines.

Bref, une lecture qui m'a vraiment touchée tant par la justesse que j'ai ressenti dans l'écriture que par l'authenticité de son "héroine" Martine , que j'espère bien retrouver dans un nouvel épisode ;-)

 

 

L'auteur

 

christine-chancel-copie-1.jpgChristine Chancel est une romancière  née à Bourges et demeurant dans les Combrailles auvergnates. Elle est également relaxologue-sophrologue-analyste, animatrice radio et organisatrice de  salons du livre

 

Vous pouvez la retrouver sur sa page Facebook ou sur son blog

 

 

Extrait (Pardon la vie si j'ai survécu)

Les cigarettes étaient rares, pour un fumeur invétéré tel que mon père, pour qui, l'approvisionnement en nicotine relevait de l'indispensable. En plein maquis de la seconde guerre mondiale, chacun utilisait le système « D », dans cette tourmente. Un compagnon de combat, de misère, de papa, l'entraîna dans un tabac-presse, fréquenté essentiellement de journalistes, puisque situé près d'un quotidien notoirement connu.
– Tu verras, tu te mets la fille dans la poche, belle plante, en plus, et tu les auras tes mégots, Tony !
Devant tant de promesses alléchantes, en cette période de privations en tous genres, nos deux compères s'y rendirent sans hésitation. Ma venue au monde est liée à ces quelques volutes de fumée...

Ma naissance fut pour le moins indésirable. Si j'en crois la rumeur familiale, ma mère dansait et se déchaînait frénétiquement avec le vif espoir que le fœtus ne résisterait pas. Là, commence l'acharnement prénatal plus condamnable que l'avortement, plus lâche aussi. Pauvre fœtus ! Comme il dut lutter avec pugnacité !
Papa, disparu dans d'atroces souffrances, était issu d'une famille pauvre, pour laquelle se nourrir chaque jour restait incertain. Le respect d'autrui, la soif de connaissances, voilà ce que grand-mère Marie a su inculquer à ses quatre enfants. Seule, elle les éleva, tous menèrent à bien leur vie sociale et professionnelle. En revanche, sur le plan familial, pour chacun d'eux et leur progéniture, ce fut un cuisant échec !

Anne, ma mère, fille de commerçant, avec sa sœur Line, avait été élevée dans un milieu bourgeois décadent. Une « boniche » était là, intégrée à la famille, partageait ce qui pouvait l'être et cette présence marquait bien cette qualité de « bourgeois » qui restait la préoccupation fondamentale.
Mon grand-père maternel partit (abandonnant femme, enfants, commerce) poursuivre sa vie, dans le Nord de la France, avec une autre compagne.
Petite fille, je vivais chez grand-mère Laure. J'ai rencontré la compagne de mon grand-père, venue pour je ne sais quelle raison. Des bruits de disputes retentissaient dans la maison.

Je ne comprenais pas qu'il s'agissait tout simplement de grand-mère Laure qui tentait, vainement de rattraper l'infidèle... Bien sûr, maman était là !
Née, je ne sais trop par suite de quel miracle, je dus manifestement à un autre miracle ma survie. Mes deux premières années, d'après ce que j'appris plus tard, ma vie ne tenait qu'à un fil ténu, se déroulant entre « l'Hôpital des Enfants Malades » et les deux pièces de grand-mère Laure qui m'entoura de tout son amour et chez laquelle je vécus jusqu'à l'âge de douze ans.
En 1976, je me suis rendue à l'Hôpital. Cette allée interminable, bordée d'arbres, devait tout de même me reconnaître ! J'avais le secret espoir que derrière la baie vitrée, un docteur sortirait d'un tiroir mon dossier médical... La réalité fut toute autre et tranchante comme la lame d'un couperet :
–  Madame, je suis désolé, nous ne conservons les dossiers que vingt-cinq ans.
Née en 1949, mes deux premières années, effacées, gommées, balayées...
Ma plus fidèle compagne, fut la maladie. Si elle m'affligeait d'une otite ou d'une infection quelconque, je me retrouvais alitée – le jeûne, était d'avis familial déjà un bon remède – nourrie d'une soupe panade (mélange de pain dans de l'eau bouillie). Souvenir gustatif qui n'excite en rien mes papilles !
Papa souffrait d'une maladie, dite contagieuse, à ce titre, je ne devais pas vivre avec mes parents. Papa vivait « isolé » chez grand-mère Marie, sa mère, à six kilomètres de chez grand-mère Laure.
Onze années durant, maman chevauchait, par tous les temps, son vélo, le soir, pour rejoindre son mari et revenait par le même moyen de transport le matin.
Le microbe qui rongeait malignement papa était très discipliné. Il s'immisçait au sein du couple dès dix-neuf heures et le quittait le matin à sept heures ! Il ne devait pas apprécier le trajet matinal en deux roues... !
Dès son arrivée, maman me conduisait en classe avant d'aller effectuer quelques heures de ménage chez les commerçants du quartier, tout comme grand-mère Laure.

  

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V
<br /> J'hésite car l'aspect journal intime ne me plaît pas trop...<br /> <br /> <br />
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K
<br /> C'est le genre de roman qui plaît généralement mais qui n'est vraiment pas pour moi. Je me sens toujours terriblement voyeuse.<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Votre billet est parfait. Je vous trouve indulgente. Tout d'abord ce style simple me semble cacher une absence de style. Et puis cette façon d'étaler sa vie sur la place publique...<br /> Cordialement, Pikkendorff<br /> <br /> <br />
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