Quantcast

Littérature France (chroniques)

Mercredi 8 août 2012 3 08 /08 /Août /2012 18:00

chiken-street.jpgChicken Street  .

d'Amanda Sthers .

Points (2008)

Grasset (2005)

218 pages

Roman, France

 

 

Résumé


" Chicken Street ", c'est la rue principale de Kaboul où vivent les deux seuls juifs d'Afghanistan : Simon, le cordonnier amateur de santiags et d'une forme d'humour qui ne séduit pas toujours son ami Alfred, l'écrivain public qui détient les clés de la Synagogue et adore le tango... Un jour, Naema, si belle sous son voile, supplie Alfred d'écrire une lettre en son nom à un journaliste américain qu'elle a aimé, une nuit, sous les bombes, et dont elle attend un enfant. De Kaboul à New York, tout bascule alors dans une tragi-comédie chahutée par l'Histoire... Naissance ou lapidation ? " Chicken Street " ou Manhattan ? Fausses lettres ou vraies promesses ? Le destin oscille, hésite, rit, gémit... Dans ce roman, où le merveilleux rivalise avec la folie des hommes, tout s'accomplit sous le regard de ce Dieu facétieux dont Woody Allen a dit : " S'il existe vraiment, j'espère qu'il a une bonne excuse "...

 

Mon avis:

 

C'est avec son dernier ouvrage, Liberace, ( paru chez Plon en octobre 2010 ) que j'ai découvert cette auteure. J'avais beaucoup aimé ce livre et m'étais promis de me pencher sur les ouvrages précédents de la belle Amanda.

C'est chose faite avec Chicken Street, son deuxième roman .

 

Et là encore, j'ai pris une belle claque . J'ai retrouvé le style qui m'avait tant plu dans Liberace, ; à la fois moderne et dynamique , nerveux et parfois  fiévreux, où la gravité côtoie l'humour, et le tragique la comédie.

 

L'histoire nous entraîne à Kaboul , en Afghanistan , après la chute des Talibans. Deux juifs, peut être les deux seuls d'Afghanistan, sont voisins au 21 et 23 Chicken Street , la rue principale de Kaboul : ce sont Albert, l'homme d'âge mûr , écrivain public,  et Simon le narrateur, cordonnier et amateur de Santiags (que lui envoie sa soeur habitant new-York) . Un jour une jeune afghane, Naéma , rend visite à Albert afin qu'il écrive une lettre à un journaliste américain dont elle porte l'enfant.. Ce journaliste c'est Peter, il vit avec sa femme Jenny et ses deux enfants à New York... Mais Peter ne lira jamais cette lettre . Un scénario à la Woody Allen, réalisateur qu'Amanda Sthers admire , où les destins se croisent et s'entrecroisent.

 

Chicken_street-copie-1.jpg

L'atmosphère de cet Afghanistan renaissant après la chute des Talibans est particulièrement biene décrit  ; mais c'est encore  l'intolérance qui règne, (symbolisée ici entre autre par  l'antisémitisme); la violence est coutumière , les droits des femmes sont bafoués et loi de la charia et les châtiments corporels tels que la lapidation sont toujours d'actualité.

"La vie toute entière semblait reprendre à Kaboul depuis la chute des Talibans. Cependant il restait des traces, des réflexes. Quand on sort de prison, on a d'abord peur de la liberté. Les visages d'ici sont particulièrement beaux. Ils dégagent une grâce animale.//.. Ils portent en eux sur l'histoire et son recommencement. Ils portent l'humain. Dans ces sourires purs et naïfs peut se dessiner la haine en un instant . Ils confondent le désir et le mal.Les Afghans ont quelque chose de sauvage. Ils font partie de ces hommes qui vivent entre eux, qui se jaugent comme les bêtes se défient du museau. Les femmes ne sont pas entrées dans leur système, ces morceaux d'étoffe mouvante ne remettent pas en cause leur virilité. Celles qui se découvrent sont méprisées pour étouffer l'excitation qu'elles pourraient provoquer.
Les hommes marchent, tourbillonnent dans un mouvement vieux de milliers d'années. Ils se sont mis d'accord contre les femmes et les peuples à haïr pour que l'ennui ne les pousse pas à se tuer entre eux...(p35, 36)


Un livre que j'ai vraiment beaucoup aimé et Amanda Sthers risque fort de devenir une auteure incontourable de ma bibliothèque, tant son écriture me "parle".

 

 

Amanda-Sthers2b.jpgL'auteur


Scénariste et auteur de sketches pour 'Caméra café' sur M6 ou pour les émissions d'Arthur, Amanda Sthers écrit également des chansons pour Patrick Bruel, son mari d'alors. Cette fan de Woody Allen signe son premier livre 'Ma place sur la photo', publié en 2004. Dans ce roman autobiographique, elle parle de son père psychiatre juif et de sa mère avocate bretonne catholique, des moments heureux en famille avec sa soeur et son frère, du divorce de ses parents, de son avortement puis de sa rencontre avec le célèbre chanteur, Patrick Bruel. Elle sort en 2005 son second livre intitulé 'Chicken Street', un roman qui se déroule entre Kaboul et Manhattan. En 2006, Amanda s'essaie dans deux rôles nouveaux : maman et dramaturge. Elle signe une pièce 'Le Vieux Juif blonde' mise en scène par Jacques Weber et jouée par Mélanie Thierry. Acclamée par le public, la pièce est même rejouée en fin d'année. En 2007, elle publie deux ouvrages : un roman, 'Madeleine' et un livre pour enfants, 'Les Gums'. Amanda Sthers a peut-être trouvé sa voie.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 17:05

A-la-folie.gifA la folie

de Pascal Marmet

France Empire (16 février 2012)
180 pages
Roman , France

 

Résumé


Armée d'une bonne dose d'insolence et avec l'impertinence de ses vingt ans, Joanna force la porte d'un prestigieux groupe de presse et, grâce à son audace, se fait embaucher par la directrice d'un célèbre magazine féminin. Alors que sa destinée semble s'améliorer, son passé trouble la rattrape sous la forme d'un journal intime dont elle hérite d'une parfaite inconnue.
Ce cahier va placer sur son chemin Pascal Langle, un propriétaire de théâtre rongé par la tristesse. Lui aussi reçoit un des onze cahiers de sa compagne décédée dans ses bras il y a dix ans.
A leur insu, un manipulateur usé par la folle dirige dans l'ombre un odieux projet.
Rencontres décalées, magie du milieu de la mode, courses poursuites à travers le Paris touristique, croisière à haut risque dans les calanques du sud de la France, enlèvements, séquestrations, meurtres, manipulations génétiques, démence, cambriolages et amour impossible, sont les thèmes de cette machination diabolique distillée comme du venin par l'auteur.
Un seul antidote : lire jusqu'à la dernière goutte ce "thriller" romantique, sombre comme une malédiction et pétillant comme une comédie de boulevard.
Un récit grisant à la mécanique parfaite jusqu'à la surprenante délivrance, que rien ne permet de deviner.

 

Note:


Pascal Marmet est un auteur qui ne manque pas d'imagination. Il m'a fallu une paire d'heures à peine pour dévorer ce roman à l'intrigue originale.  J'ai beaucoup aimé la construction atypique et non linéaire (alternance des points de vue , entrée des  personnages tout au long de l'histoire). Certains éléments ne m'ont toutefois  pas semblé très crédibles (par exemple cette femme qui est séquestrée pendant 10 ans et ressort comme par magie et sans séquelles)  et je pense que ce roman aurait gagné en consistance en étant plus étoffé (en approffondissant  certaines scènes) .
Mais l'ensemble est vraiment sympa à lire et je vous invite à découvrir cet auteur que je vais suivre. Et merci pour la gentille dédicace.

L'auteur

Pascal Marmet est écrivain. Il a dirigé plusieurs années un hôtel et organise des rencontres littéraires à Nice.
Son dernier roman, Si tu savais, paru en 2010 aux Editions France-Empire a connu un grand succès et une adaptation télévisuelle est en cours

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 15:44

7-ans-apres.jpg7 ans après...

de Guillaume Musso.

Xo Editions (05 avril 2012)
398 pages
Roman, France

 

Résumé

 

Un divorce les avait séparés…… le danger va les réunir

Artiste bohème au tem­pé­ra­ment de feu, Nikki fait irrup­tion dans la vie sage et bien rangée de Sebastian. Tout les oppose, mais ils s’aiment pas­sion­né­ment. Bientôt, ils se marient et don­nent nais­sance à des jumeaux : Camille et Jeremy.
Pourtant, le mariage tourne court : repro­ches, trom­pe­ries, mépris ; la haine rem­place peu à peu l’amour. Au terme d’un divorce ora­geux, chacun obtient la garde d’un des enfants : Sebastian éduque sa fille avec une grande rigueur alors que Nikki par­donne faci­le­ment à son fils ses écarts de conduite.
Les années pas­sent. Chacun a refait sa vie, très loin de l’autre. Jusqu’au jour où Jeremy dis­pa­raît mys­té­rieu­se­ment. Fugue ? Kidnapping ? Pour sauver ce qu’elle a de plus cher, Nikki n’a d’autre choix que de se tour­ner vers son ex-mari qu’elle n’a pas revu depuis sept ans. Contraints d’unir leurs forces, Nikki et Sebastian s’enga­gent alors dans une course-pour­suite, retrou­vant une inti­mité qu’ils croyaient perdue à jamais.

Des rues de Paris au coeur de la jungle ama­zo­nienne
Un thril­ler impla­ca­ble brillam­ment cons­truit
Un couple inou­blia­ble pris dans un engre­nage infer­nal

« Une réu­nion de famille en forme de thril­ler, aussi hale­tante qu’ori­gi­nale. Guillaume Musso sur­prend jusqu’à la toute der­nière page. » Jérôme Vermelin, Metro

 

Mon avis

Avis qui va être rapide. Du Musso sans surprise, ni bonne , ni mauvaise. Ce livre se lit d'une traite et comme à chaque fois, je suis étonnée par la vitesse avec laquelle j'ai englouti ces presque 400 pages. Et pourtant , rien de bien neuf dans la galaxie Musso . Une histoire d'amour compliquée matinée de suspens , des personnages qui semblent tout droit sortis de la dernière comédie dramatique hollywoodienne, (avec les décors qui vont avec ici les Etats Unis,  Paris et le Brésil), une intrigue avec des ficelles grosses comme des lianes.  Tout ça bien mélangé à la sauce Musso, et ce qui aurait tout pour donner un  navet littéraire devient un un roman visuel et efficace. Une lecture très sympathique.

Merci aux Editions Xo pour leur confiance renouvélée


guillaume mussoL'auteur

Né en 1974 à Antibes (Alpes-Maritimes), Guillaume Musso rencontre la littérature à dix ans et est convaincu, dès ce moment, qu’il veut écrire un jour des romans.
A 19 ans, Guillaume Musso part plusieurs mois aux États-Unis, et découvre New York qu’il adore immédiatement. Pour financer son voyage, il se trouve un job de vendeur de crèmes glacées et cohabite avec des travailleurs de toutes nationalités. Il dit avoir beaucoup appris de cette période. En tout cas, il rentre en France avec des idées de romans plein la tête.
Après une licence de sciences économiques, il passe le Capes de sciences-éco, pour exercer avec conviction le métier de professeur.
En 2004, Guillaume Musso confie son roman Et Après... à XO. Bernard Fixot est enthousiasmé par l’atmosphère unique que crée ce jeune auteur à l’écriture moderne. Et Après… est vendu à près de deux millions d’exemplaires et traduit dans une vingtaine de langues. Cette incroyable rencontre avec les lecteurs, suivie par l’immense succès de Sauve-moi, Seras-tu là ?, Parce que je t’aime, Je reviens te chercher et Que serais-je sans toi ? fait de lui un des auteurs français favoris du grand public, traduit dans le monde entier, et adapté au cinéma.
Et Après…, produit par Fidélité Productions et réalisé par Gilles Bourdos, avec Romain Duris, John Malkovich et Evangeline Lilly, est sorti sur les écrans français en janvier 2009. Les droits cinéma de Seras-tu là ? et Parce que je t’aime ont également été acquis par les Films Christian Fechner et UGC.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 08:44

un-scret-de-famille.jpgUn secret de famille .
de Jean Castarède .

Editions France Empire (15 mars 2012)
208 pages

Roman historique




Résumé

À la fin des années 1930, qualifiées « d’années folles », la France et la Gascogne, petite patrie du narrateur de ce roman, n’avaient pas pris conscience qu’elles dansaient sur un volcan, à la veille d’un des plus grands bouleversements de l’histoire de notre pays. Après l’entrée en guerre avec l’Allemagne que l’on appela, au nom de cette même légèreté, la « drôle de guerre », avant qu’elle ne devienne tragique, avec la signature de l’armistice de Pétain, les évènements empirèrent : occupation, privations, humiliations, tensions entre collaborationnistes et premiers résistants ; quatre ans de souffrances décrites par le narrateur, dont le père se sacrifie, ainsi que sa famille, pour rejoindre en Russie une escadrille d’aviation du régiment français « Normandie-Niemen ». Cinquante ans après, l’arrivée inopinée, dans cette famille gasconne, d’une jeune russe séduisante, rescapée de la perestroïka, va ressusciter un passé, sur fond de transformation géopolitique, avec les tendres évocations d’« une douce France » qui ne sera plus jamais comme avant. En contrepoint de cette histoire, le narrateur s’interroge, inconsciemment, pour savoir quel engagement il aurait pris lui-même, s’il avait été plus âgé, pendant cette période.



Mon avis

Merci tout d'abord à Eric Poupet et aux Editions France Empire pour l'envoi de ce livre.


Ce roman nous entraîne dans belle région de Gascogne. Le narrateur nous fait revivre ses souvenirs d'enfance dans le domaine viticole (d'armagnac )de ses parents,  . On est à la fin de ce que la postérité retiendra sous le nom des "Années Folles" . Mais petit à petit apparaissent les prémices de  la Seconde guerre mondiale. La vie de cette petite famille va basculer . Beaucoup plus qu'on ne pourrait le croire.

Ce livre est assez intéressant dans sa façon de traiter le contexte historique (l'auteur revient entre autres sur certains évènements de la seconde guerre mondiale ),et il montre bien les bouleversements que cette guerre va entraîner dans la vie quotidienne de cette famille qui va être séparée, le père, féru d'aviation, se dévouant pour pour rejoindre en Russie une escadrille d’aviation du régiment français.

Par contre, j'ai l'impression d'être passée à coté de l'intrigue. Car il y a bien un "secret de famille" comme l'indique le titre. Secret que je n'ai découvert qu'à la fin, et qui m'est apparu comme un cheveu sur la soupe (dit autrement, une façon de justifier le titre). J'aurais aimé déceler des éléments à ce sujet plus tôt dans le livre (manque de vigilance de ma part probablement)

Avis donc mitigé


L'auteur

Jean Castarède est romancier, historien, essayiste, économiste et éditeur. Il partage sa vie entre Paris où il anime plusieurs associations culturelles et sa propriété de Gascogne. Il a publié une trentaine d'ouvrages.

Il évoque ici, sous forme de roman, ses souvenirs de jeunesse et de la guerre de 39-45, qu'il a vécus dans sa Gascogne natale . Il s'agit de son deuxième roman

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 17:12

des_chiffres_et_des_litres_.jpg

Des chiffres et des litres .
de Rachid Santaki .

Eds Moisson Rouge (1er mars 2012)
256 pages
Roman, France

Résumé

Alors que s'achève la construction du Stade de France et que s'annonce la prochaine coupe du monde de football, Saint-Denis s'apprête à vivre une furieuse bataille pour le contrôle du trafic de drogues, opposant caïds à l'ancienne et jeunes rageux.
Hachim est un ado brillant, bon élève, curieux. Passionné de culture Hip Hop, il se destine à une carrière de journaliste spécialisé. Pourtant, les logiques de quartier, sa situation familiale et son admiration pour Houssine, caïd de Saint-Denis et figure paternelle, lui feront embrasser une autre voie. Mais dans les pas de son mentor, il se rendra compte, trop tard, qu'il n'est pas taillé pour ça.

Note de l'éditeur

Parcours initiatique, récit poignant d'une destinée déraillée, Des chiffres et des litres nous plonge dans le Saint-Denis en ébullition de 1998. Tandis que Zidane et les Bleus font rêver les Français, l'argent fait tourner la tête des jeunes ambitieux. Entre caïds, soldats, flics ripoux, trahisons, règlements de compte, prison, combats de chiens, il faut être le plus malin pour rester en vie.

 
Mon avis

Mon avis sera court, car ce livre ne mérite pas de raccourci. A mon sens, c'est tout simplement un des meilleurs livres écrits sur le thème de la banlieue. Sans concessions, ni excuses, l'auteur nous plonge dans le quotidien d'une banlieue de la région parisienne , à Saint Denis plus précisément, juste avant la Coupe du monde de 1998. Et pour ceux et celles qui comme moi, ont toujours vécu dans des quartiers privilégiés, et croyons connaître les  banlieues juste par ce que nous en avons une dans la grande ville pas trop loin de chez nous, ou parce que nous en avons entendu parler au JT , ce livre est juste une gifle qui nous fait ouvrir les yeux, une grosse prise de conscience. Alors oui, les images que nous renvoient les médias depuis des années sont bien réelles. La violence est omniprésente, la drogue circule, les caïds font la loi. Les politiques nous parlent de politique de sécurité . Mais dans les faits , c'est le status-quo. Un status-quo qui  arrange certains , qui en tirent profit

Voilà ce que m'inspire ce livre: On ne naît pas délinquant , on le devient. Et parfois pour .de bonnes raisons, ou des raisons qu'on croie bonnes. Il n'y a pas de fatalité, sauf celle en laquelle on veut nous faire croire
Alors oui, j'ai pris une grosse claque avec ce bouquin

Un énorme coup de coeur

Lisez le

Un autre avis ICI

Et le morceau  que ce livre a inspiré au rappeur Mac Tyer que vous pouvez retrouver sur son blog

 

 

 

 


rachid-santaki.jpg

L'auteur


Ancien éducateur sportif de boxe thaïlandaise, fondateur du magazine 5Styles, et lauréat du prix Espoir de l'économie de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris en 2006, Rachid Santaki est très impliqué dans l'associatif et a ainsi cofondé le Syndikat et Saint-Denis Positif. Il a publié Les Anges s'habillent en caillera, son premier roman, en 2011.

Rachid Santaki en parle


« J'utilise les codes du hip hop pour descendre les belles lettres françaises de ses étagères et les rendre à la rue, pour faire tourner la littérature sur la tête et lui faire parler le céfran. J'ai abordé l'écriture de ce nouveau roman avec l'envie de partager, réunir, susciter le débat sur l'art des mots entre les générations et les milieux sociaux, en assumant ma street-culture.
Je ne suis pas un écrivain de banlieue mais un auteur sans case, pas de cage mais la rage d'imposer un mouvement comme l'ont fait les danseurs des Aktuel Force, les graffeurs des 93 MC, précurseurs de cette culture émergée du bitume.
Des chiffres et des litres met en avant le problème de l'entourage. Hachim, un ado brillant, passionné de culture hip hop, va sombrer. A dix-sept ans, il va tout lâcher pour plaire à son mentor. Traiter de l'intérieur ces gamins qui dealent permettra peut-être de comprendre un peu plus ceux qu'on ne nous montre pas dans les reportages. Des chiffres et des litres est un polar pur et dur. Cette plongée, entre intrigue et documentaire, révèle surtout que le meilleur d'entre nous peut devenir le pire quand le cercle est néfaste, des halls des tours aux couloirs du commissariat. Une fiction aussi réaliste que ces faits divers qui se déroulent quotidiennement à Saint-Ouen, Marseille ou Grenoble. Cette fiction mélange plusieurs destins et faits réels. Certains reconnaîtront des voisins, des amis, des légendes urbaines ce qui amènera à des débats sur ces parcours et du dialogue.»

 

Une campagne de promotion originale

Affichage, flyers, clean pochoirs et boards à proximité des lycées, collèges, salles de concert et de cinéma. Rachid Santaki et son coéquipier sillonnent les rues de Paris et des banlieues à la rencontre d'un public jeune qu'il veut conquérir grâce aux codes du hip-hop et du street-marketing utilisés pour les disques.


Une tournée en France


Le but de cette tournée nationale sur quarante villes est d'aller à la rencontre des jeunes sur le terrain – dans les lycées, les médiathèques, les antennes jeunesse et dans la rue, afin de leur expliquer le travail d'auteur ; il s'agit de leur redonner l'envie de lire et d'écrire, de désacraliser l'objet livre.
Rachid Santaki souhaite ainsi transmettre son expérience, encourager et valoriser ces jeunes de quartiers populaires en ouvrant le dialogue autour de plusieurs thèmes d'échanges : culture, emploi, citoyenneté.

PREMIERES DATES DE LA TOURNEE


Lundi 12 mars
Orléans

Mardi 13 mars
Bourges

Mercredi 14 mars
Clermont Ferrand

Jeudi 15 mars
Tours

Vendredi 16 et samedi 17 mars
Hérouville Saint Clair – Intervention scolaire et événement festival des écritures

Dimanche 18 Mars
Paris :Opération street-marketing au Salon du Livre

Lundi 19 mars
Dijon

Mardi 20 mars
Vaux-En-Velin

Mercredi 21 mars
Grenoble

Jeudi 22 et vendredi 23 mars
Marseille et Port de Bouc

Samedi 24 mars
Montpellier

Lundi 26 mars
Perpignan

Mardi 27 et 28 mars
Saint Etienne

Mardi 29 mars
Vénissieux

Mercredi 30, jeudi 31 mars et vendredi 1er avril
Lyon – Quais du Polar

 

 

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 16:43

rapaces.jpgRapaces  .
de Patrick Poivre d'Arvor  .
Le Cherche Midi (08 mars 2012)

320 pages

Thriller politique

 

Résumé

 

Chris Rather, la quarantaine triomphante, est un Français très populaire : il présente le 20 Heures d'une puissante chaîne de télévision.
À un mois du premier tour de la présidentielle de 2012, on le retrouve sans vie, noyé dans un des étangs de Hollande, comme Robert Boulin trente-trois ans plus tôt. S'est-il suicidé ? L'a-t-on assassiné ? Il venait la veille d'interviewer le président de la République...
Une course contre la montre va s'engager chez les enquêteurs pour résoudre au plus vite un mystère qui empoisonne la campagne présidentielle et la vie de la chaîne.

Note de l'éditeur

Cette version médiatique du Bûcher des vanités est proposée par un grand connaisseur des milieux politique et télévisuel. Patrick Poivre d'Arvor, qui a présenté les JT des plus grandes chaînes pendant près de trente ans, nous entraîne dans la folle farandole d'un jeu de quilles mortel et haletant.

Mon avis


Globalement, mon avis sur ce livre est plutôt positif. C'est une lecture plaisante, qui se lit vite.

Patrick Poivre d'Arvor n'est certes pas un encore un maître du polar ou du thriller, mais l'ensemble est cohérent;  il y a des rebondissements,  on a envie de connaître la fin, même si cela tient plus du voyeurisme que de l'intrigue par elle-même. Je reviendrai après sur cet aspect. Quant à la fin, elle n'est certes pas celle que j'attendais, tombe à plat finalement mais c'est certainement mieux ainsi ( le cas échéant , ce livre ne serait du reste sûrement pas en vente ;-) . (mon propos est volontairement amphigourique, ceux qui auront lu ce livre devraient je l'espère, me comprendre)

L'intérêt de ce polar réside surtout dans ses personnages et dans le fait qu'il soit un mélange de fiction et de réalité.  l'intrigue se passe à un mois de l' élection présidentielle française de 2012 . Beaucoup de personnages cités  sont réels et apparaissent sous leur vrai nom  D'autres ont des noms inventés mais on ne peut que les rapprocher de personnalité existantes ( on essaie en tout cas, avec succès ou pas )

Ainsi dès l'avertissement, on sait à quoi s'attendre.  "En ces temps de féroce combat politique, certains pourraient se reconnaître dans ce roman de pure fiction. Ils auraient tort : ils sont cités nommément. D'autres pourraient espérer passer entre es gouttes. Ils auraient tout aussi tort. Mais ils ne seront reconnus que de ceux qu'il ont un jour croisés, et cru tuer ou humilier. Ce qui fait en fin de compte beaucoup de monde. Il n'empêche : toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n'est que fortuite. Et regrettable "
Cette histoire colle à l'actualité ( on y parle entre autres du meeting de François Hollande au Bourget.) L'intrique se passe dans le milieu de la télévision que Patick Poivre d'Arvor connaît bien. On aura nul mal à le reconnaître sous les traits de François Bellechasse , présentateur vedette , pendant plus de 20 ans, du JT de la 2OH, et qui fut remercié à l'arrivée de Nicola Sarkozy au pouvoir. Chis Rather, le héros fictionnel de ce livre en est du reste un des successeurs.

Et Patrick Poivre d'Arvor n'est pas tendre avec Nicolas Sarkozy, dont l'ombre plane tout au long de ce livre.
Par exemple  "Pour parvenir à ses fins, Nicolas Sarkozy n'avait rien négligé " [PPDA parle ici des élections de 2007]. Il avait remarqué que, depuis, le bref intermède de la Révolution, les grandes familles avaient leur mot à dire dans l'élection à la magistrature suprême. Ces grandes familles avaient perdu leurs particules mais e s'étaient pas pour autant désargentées. Le ministre choisit donc méticuleusement le moindre de ses amis dans ce monde des affaires et de la finance. Il poussa le sens de l'anticipation jusqu'à repérer les héritiers plutôt que les tenants de la fortune.Bien lui en prit car, les uns après les autres, les fondateurs d'empire  ou de dynastie eurent la délicatesse de céder leur fauteuil à leurs jeunes fils, avant de tirer une ultime révérence à ce monde désormais trop cruel pour eux." (p30)

Je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir un règlement de compte de l'auteur - mais on ne peut pas lui en vouloir, on serait amer pour moins que ça-  qui place ça et là des petites phrases assassines "À dire le vrai, Nicolas Sarkozy n’avait jamais tenu les journalistes en grande estime, pas davantage que ses prédécesseurs, mais il savait bien les utiliser quand ça l’arrangeait "(p32)

 En fin d’après-midi, une rumeur se fit insistante dans toutes les rédactions: le président de la République lui-même avait menacé de mort Chris Rather quelques heures avant sa disparition. Il aurait été furieux de l’interview de la veille et des velléités de candidature du présentateur à la présidentielle. Tout était parti du blog d’un journaliste reconnu, spécialisé dans la vie des médias. Il allait jusqu’à mettre en cause le Canard enchaîné qui avait eu vent de l’information mais s’était refusé, faute de preuve, à l’imprimer dans le numéro qui allait paraître le lendemain.

 

Pour finir , une petite réflexion: il faut être honnête; par les temps qui courent , ce livre devrait rencontrer son public et avoir du succès. Ce ne sera certes pas par ses qualités purement littéraires (quoique cette remarque est toute relative quand on on voit que Marc Levy et autre Guillaume Musso sont immanquablement en tête des meilleures ventes) , mais  par notre voyeurisme . Et le titre Rapaces , c'est peut être à nous lecteurs qu'il s'applique , avides de Voici, Blog de Morandini et autres télé-réalités croustillantes. 

Patrick-Poivre-d-ARvor.jpgL'auteur

Patrick Poivre d'Arvor est à la fois journaliste et écrivain, passionné de littérature. En 1976, il présente son premier JT et deviendra le présentateur le plus regardé de France. Auteur de nombreux ouvrages, il a obtenu le prix Interallié pour L'Irrésolu, en 2000 (Albin Michel) et le prix Maurice Genevoix pour La Mort de Don Juan en 2004 (Albin Michel). Il a écrit son premier livre à l'âge de 17 ans, Les Enfants de l'Aube (J.C. Lattès) et son dernier, l'année dernière, L'Expression des sentiments (Stock). Il a déjà publié un polar thriller de poétique fiction : Les Loups et la Bergerie (Albin Michel, 1994), déjà à l'approche d'une élection présidentielle...

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 19:43

le_dernier_contrat.jpgLe dernier contrat  .

de Olivier Maulin .

Editions La Branche (09 février 2012)
191 pages,

Polar littéraire, France

 

 

Résumé

Dans un futur étrangement proche, un prêtre révolutionnaire et un tueur à gage en préretraite jouent ensemble aux redresseurs de torts nationaux.
Laminée par une crise économique et politique sans précédent, la France est plongée dans le chaos.
Frère-la-Colère, un moine charismatique et exalté, émerge de la confusion, fédérant bientôt les rebelles de tout le pays pour renverser le pouvoir en place et hâter l'effondrement général. Prêt à tout, Frère-la-Colère engage un tueur à gages, un pro sur le retour, dépressif et alcoolique. Son contrat : assassiner le président de la République le samedi 14 juillet, pendant le défilé. L'avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d'un seul homme...


Mon avis



C'est avec ce titre Le dernier contrat que je  découvre Olivier Maulin et  les Editions de la Branche avec leur collection vendredi 13.

Le dernier contrat, présenté par le Service de presse comme un polar littéraire, est avant tout un roman d'action assez "viril".au style dynamique , moderne, un peu déjanté et qui se lit rapidement. Les personnages sont atypiques.Un tueur à gages  dépressif, solitaire  bourré de manies et adepte de l'ordre et de la propreté. Le second personnage d'importance est un prêtre défroqué, Frère la Colère, pourfendeur du régime politique, sorte de gourou charismatique et exalté et un brin schizophrène

Mais ce roman est surtout intéressant par son aspect politique-fiction. Certes on est dans une uchronie mais celle-ci est malheureusement extrêmement crédible au regard  de ce qui se passe ces derniers mois (comme en Grèce par exemple) . La France est plongée ici dans une crise économique et politique sans précédent:

"Les scènes de révolte s'étendaient de jour en jour à tout le pays. La veille , une préfecture de l'Ouest avait été mise à sac, les manifestations avaient dégénéré un peu partout, des dizaines de magasins avaient été pillés et un patron séquestré et battu à mort par ses ouvriers. Le situation était désormais hors de contrôle.
Alors que la crise avait pris une tournure catastrophique, que le noeud coulant des déficits étranglait l'Etat, annihilant toute protection sociale, que la classe moyenne s'était subitement appauvrie et que les classes populaires partaient à la dérive, un immense scandale avait éclaté, éclaboussant le gouvernement, les parlementaires, les grands patrons, les banquiers, les syndicats, bref, tous ceux qui avaient mené le pays à la faillite et dont il apparaissait soudain qu'ils continuaient à s'en mettre plein les poches. Pendant les quelques jours qui avaient suivi la révélation du scandale, le pays avait été étonnamment calme, comme assommé d'incrédulité. Et puis un murmure avait commencé à se répandre sur la Toile et dans les bistrots, semblable au grognement d'une bête qui se réveille. Une semaine plus tard, la rue explosait à la faveur d'une manifestation d'étudiants sans revendications, sans but et sans mots d'ordres, et ce fut le soulèvement populaire dans toute sa cruelle splendeur. Depuis, le chaos gagnait du terrain. On avait commencé par séquestrer des patrons dans les usines, brûler des voitures, lancer des projectiles sur les CRS et puis on s'était mis à incendier les bâtiments administratifs, et à mettre à sac les mairies. Certains patrons séquestrés avaient été lynchés, tandis que d'autres étaient assassinés par de mystérieux commandos. Des centaines de milliers de personnes défilaient tous les jours dans les rues et s'affrontaient aux forces de l'ordre. Des honnêtes pères de familles ruinés se battaient furieusement avec les gendarmes, des ménagères affamées des pavés , des jeunes diplômés sans avenir cassaient et brûlaient tout sur leur passage. Les banlieues s'étaient soulevées. Des hordes de casseurs fondaient sur les beaux quartiers qui étaient devenus l'objet d'attaques quotidiens. Des maisons de riches étaient pillées, d'autres brûlées; les bourgeois étaient passés à tabac, quelques bourgeoises avaient même été violées. Des milices d'auto défense avaient émergé en quelques jours et les forces de l'ordre tiraient maintenant à balles réelles, tandis que certains rebelles ripostaient à l'arme de guerre. On commençait à compter les morts par dizaines. Le pays vacillait."

Bref , un roman original, politiquement incorrect, et dérangeant car potentiellement visionnaire.olivier-maulin.jpg

L'auteur


Olivier Maulin est né en 1969. Avec son premier roman, En attendant le roi du monde, il s'est imposé d'emblée comme un auteur à suivre de près, en remportant notamment le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs en 2006. Il a depuis publié quatre romans, dont Les Lumières du ciel qui vient de paraître aux Éditions Balland (finaliste Prix de Flore 2011).

Note de l'éditeur

On connaît Olivier Maulin en « formidable portraitiste des illuminés » (L'Express), en chroniqueur du monde moderne. On découvre ici son talent de romancier du noir, du crépusculaire.
Guerre civile ; clandestinité ; répression ; terrorisme. Sous ces motifs politiques puissants se dessine un roman d'action diablement efficace, mené tambour battant par un duo improbable... et franchement dérangeant.



Olivier Maulin en parle

« Chacun de mes livres, à leur manière, tentent de passer l'époque au scanner et d'explorer les possibilités de sortir de ce monde aliénant et désenchanté.
Sur un mode “noir”, je continue avec Le dernier contrat dans cette même voie. J'ai imaginé en effet que la crise que nous vivons prenait soudain une tournure catastrophique (je veux dire encore plus catastrophique) et qu'une sorte d'illuminé (un Savonarole moderne) galvanisait les foules pour les amener à la révolte et en finir avec notre civilisation matérialiste. Afin de hâter l'effondrement général, il fait appel à un tueur à gages, le narrateur du livre, pour lui proposer d'assassiner... le président de la République.
Le tueur, c'est un homme méthodique, solitaire, carré, réfléchi, au lourd passé de pro. Mais fatigué aussi, déraciné, plus ou moins dépressif, peut-être même un peu alcoolique. À plus de quarante ans, il doute, il en a marre, il craint la faute, ne se sent plus taillé pour le rôle et n'a finalement plus qu'une envie : raccrocher. Ce dernier contrat lui en donnera bien entendu l'occasion. L'avenir de la Rébellion ne dépend plus désormais que d'un seul homme... »
© com3pom

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 19:01

au-pays-des-kangourous.gifAu pays des kangourous .

de Gilles Paris .

Don Quichotte (19 janvier 2012)

247 pages
Roman , France

Résumé

« Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle. En entrant dans la cuisine, j’ai vu le panier en plastique sur le sol, avec le reste de la vaisselle d’hier soir. J’ai ouvert le lave-vaisselle, papa était dedans. Il m’a regardé comme le chien de la voisine du dessous quand il fait pipi dans les escaliers. Il était tout coincé de partout. Et je ne sais pas comment il a pu rentrer dedans : il est grand, mon papa. »

Simon, neuf ans, vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien au Trocadéro. Mais le couple n’en est plus un depuis longtemps. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole, femme d’affaires accomplie, passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer. Le jour où Paul est interné pour dépression, l’enfant sans mère est recueilli par Lola, grand-mère fantasque, adepte des séances de spiritisme avec ses amies « les sorcières », et prête à tout pour le protéger.

Dans les couloirs trop blancs des hôpitaux, il rencontre aussi l’évanescente Lily, enfant autiste aux yeux violets qui semble bien résolue à lui offrir son aide. Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va tâcher, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité indicible.

 

Mon avis

 

Pas facile de parler de ce livre tant il y aurait de choses à dire? Simon,un petit garçon de neuf ans, vit à Paris avec ses parents. Sa maman est souvent absente pour raisons professionnelles. Elle travaille pour Danone  et se rend régulièrement en voyage pour des durées de plus en plus longues  .Au pays des kangourous, . C'est le papa, Paul, écrivain,  qui s'occupe de tout à la maison. Le ménage n'a pas de secrets pour lui, ni la cuisine, les courses . C'est lui qui fait faire les devoirs de son fils, qui joue avec lui et ils  font de longues siestes devant des films les dimanches. Et lorsque sa femme rentre, il est aux petits soins pour elle. Il y a également la grand-mère Mona, femme haute en couleurs et un brin fantasque qui n'apprécie guère sa belle fille

Un matin, en se levant, Simon trouve son papa recroquevillé dans le lave -vaisselle. ses beaux yeux verts doux ont laissé la place à un regard gris et vide. Le verdict tombe: papa ne va pas bien et doit partir se reposer quelques temps ..
Comme vous l'aurez sûrement compris, la maladie dont souffre Paul est la dépression. Une maladie souvent mal-jugée et vécue parfois comme honteuse par ceux qui en souffrent, car assimilée souvent à la faiblesse.
Le petit Simon au début ne comprend pas. Il en veut à sa maman qui ne rentre pas , sa grand-mère n'ayant pas jugé bon de l'avertir, et sa maman  appelle à chaque fois alors qu'il n'est pas disponible. Ses rêves le troublent et les monstres  y sont de plus en plus nombreux. Heureusement qu'il y a sa grand-mère  prête à tout pour le protéger et ses copines un peu bizarres qui font des séances de spiritisme..

Simon se rend à la maison de repos où se trouve son papa . Dans lescoulirs, il va rencontrer Lily, une petite fille aux yeux violets et à l'air grave . Lily joue avec les interrupteurs. Jour Nuit.Jour. Nuit. Lily vérifie que rien ne change , c'est rassurant, . mais elle comprend si bien la souffrance des autres. C'est elle qui explique à Simon ce mal qui ronge son papa et qui l'aide à mettre des mots sur les non-dits. Lily est une enfant autiste. Une sorte de petite fée clochette qui va devenir la meilleure amie de Simon ( on se demande parfois si cette petite Lily est bien réelle).

Paul va guérir,, délivré de ses démons par la vérité. .. ..

J'ai été particulièrement touchée par cette lecture.Il est très rare qu'une histoire m'émeuve au point de me faire pleurer . Ce fut le cas avec celle-ci. Non pas que ce livre soit finalement  triste, non, il est plein d'espoir et très drôle .Mais l'émotion est omniprésente. Une émotion pure,  naïve, sans pathos, celle de cet enfant de neuf ans, avec ses joies et ses peines, ses peurs et ses questionnements. Et tout ça sonne tellement juste !!!!

Voilà, désolée d'en dire si peu mais les mots ont tendance à me manquer. C'est un énorme coup de coeur. Un livre à la fois léger et profond. Un petit bijou. Et je ne rajouterai qu'une chose : lisez-le!!!

(je rajouterai des extraits prochainement)

Et Merci aux Editions Don QUichotte, et à Gille Paris pour sa dédicace.
A noter Le premier roman de Gilles Pariss, Papa et maman sont morts, paru en 1991 aux éditions du Seuil dans la collection Point-Virgule, est réédité en Point Seuil le 19 janvier 2012

 

 

gilles-paris.jpgL'auteur

Gilles Paris est auteur de deux romans, Papa et maman sont morts (Le Seuil, 1991) et Autobiographie d’une courgette (Plon, 2002). Il travaille dans le monde de l’édition.

Vous pouvez  retouver Gilles Paris sur son blog

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 17:48

les carnets d une bourgeoise dechue 01Les carnets d'une bourgeoise déchue .
de Diane Rauscher-Kennedy .
Phoenix Press International (07 novembre 2011)
166 pages
Roman autobiographique, France, Angleterre

 

 

Résumé


Diane Rauscher-Kennedy, née en Angleterre de parents Anglo-Saxons et d'horizons aussi différents que célèbres, a vécu son enfance au sein d'une famille aristocratique qui vivait d'une façon déjantée. Et puis un jour, tout bascule ! Son univers s'effondre et elle doit faire face à la réalité d'une nouvelle vie difficile, mais qui lui permettra de réaliser qu'elle a tant gagné en perdant tout...

 

 

 

  Mon avis

 

Les carnets d'une bourgeoise déchue, le titre est parfaitement trouvé pour ce  roman autobiographique dans lequel , en deux grandes parties et sous forme de scénettes, Diane Rauscher -Kennedy raconte sa vie, dorée  jusquà 60 ans , puis , patatras, tout bascule.

Dans la première partie, l'auteure nous parle de son enfance entre une Madame Mère pète sec tendance Cruella et un père qu'elle adore, Mon Papa, qui l'élève comme un garçon manqué" Ah Papa! comme tu m'as fait rire et comme je me suis amusée avec toi , au foot, au volant, à cheval...s classique mon Papa à moi, mais pour moi il fut un Prince...un peu bancal pour le moral en vogue, mais un épicurien , un excentrique, un toqué , avec pour moi son petit gars, ce regard qui me rendait belle pour toujours au moins pour un homme (p.5)
Grand Mère Nanna est aussi une femme remarquable, qui suite à la mort de son mari se trouva à la tête d'une usine de 2500 ouvriers et dont le grand coeur et l'attention qu'elle leur porta fit la une des journaux anglais.

Dans la seconde partie,  Diane Rauscher-Kennedy revient très rapidement sur sa rencontre avec celui qui fut son mari pendant 40 ans." Et oui , comment elle a fait la Petite Princesse toute sage pour tomber entre les pattes de son Fugueur-Menteur Magouilleur -Cavaleur? (p 39) dont elle tomba éperdument amoureuse, et fidèle à l'adage , l'amour rend aveugle", retrouva la vue le jour de ses 60ans, cocue et criblée de dettes.
Alors une nouvelle vie recommence pour Diane, une sorte de renaissance, qu'elle nous raconte avec iroie. et parfois cynisme. Elle devient par hasard artiste peintre et spécialiste des petites catastrophes du quotidien

J'avoue avoir un avis assez mitigé sur cette lecture. J 'ai trouvé l'ensemble assez décousu (en particulier la deuxième partie) , et superficiel, peut être par excès d'ironie et d'artifice . Ou excès de pudeur . Les émotions ne passent pas. C'est dommage.
A noter également un français parfois approximatif (par exemple: le moral à la place de la morale et vice versa)

Extraits

« Que ma vie fut belle, nom d'une pipe ! Jolie maison, jolis revenus, joli mari adoré et cela depuis trente-huit ans... et BADABOUM... sans crier gare, en vingt-quatre heures chrono, pouf, tout est parti... évaporé... implosé.
Et le jour de mes soixante ans en plus, LE CADEAU SURPRISE... Ce mari que j'adore me regarde et me dit : 'Tu es vieille, rien que de te regarder, je me sens vieillir ! J'ai dépensé tout ton argent et le mien aussi, alors je m'en vais !' » (

 " Il y a toujours le loto pour arrondir mes fins de mois, mais c'est un peu aléatoire ! Non ? Ou être fille de joie, mais là j'ai dépassé la date limite de fraîcheur, sauf si éventuellement il y a des "fanas" de vieilles peaux ?"

 

diane Rauscher KennedyL'auteur

 

Épouse, mère et femme d'intérieur pendant plus de 40 ans elle voit sa vie basculer à 60 ans et en 24 heures chrono ! Elle devient alors artiste peintre, spécialiste des catastrophes les plus inimaginables... Particulièrement culottée et avec un sarcasme décapant, elle raconte dans ses mémoires son enfance de conte de fée et les incroyables tribulations auxquelles elle a su faire face avec humour et ironie.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 14:09

rien ne s'oppose à la nuit

Rien ne s'oppose à la nuit .

de Delphine de Vigan .

JC Lattès (août 2011)

437 pages

Roman, France

 

Résumé:

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. 
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. 
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » 

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

 

Note :

Lu à sa sortie , il m'a été difficile de parler de ce livre à l'époque tant j'avais été touchée par cette histoire.
Delphine de Vigan nous parle ici de sa mère Lucile , de son enfance dans une première partie, auprès de ses parents Georges et Liane et de ses nombreux frères et soeurs . Lucile la jolie petite fille , qui fait des photos de mode ce qui rapporte un peu d'argent à la famille, habituée à un style de vie au dessus de ses moyens. Puis la mort par accident  d'Antonin à 8 ans, drame qui sera le premier d'une longue liste. puis l'arrivée de Jean Marc, enfant maltraité et recueilli par les parents de Lucile mais qui ne trouvera jamais réellement sa place et finira par se suicider ... ET Lucile grandit , rencontre le fils d'une amie de la famille et tombe enceinte adolescente . Delphine naît , suivie de Manon.

Puis dans une seconde partie, on assiste  au naufrage de Lucile  qui tombe peu à peu dans une folie autodestructrice et qui fera de nombreux séjours en hôpitaux psychiatriques. Puis enfin ,dans la dernière partie,  l'accalmie est de retour et Lucile reprend pied et retrouve peu à peu des repères, jusqu'à son suicide  à 61 ans,.

Parler ainsi de sa mère en étalant les secrets de famille peut certes paraître impudique voire dérangeant. Mais c'est avant tout extrêmement courageux. Delphine de Vigan a dû enquêter auprès de ses proches pour récolter les éléments qui lui ont permis d'écrire cette histoire.


Le tout est extrêmement bien écrit, dans un style fluide. Delphine Le Vigan ne sombre pas dans le pathos et sa pudeur lui évite les écueils du misérabilisme,  malgré les nombreux drames jalonnant cette histoire. Un livre salué par la critique et sélectionné à juste titre  pour de nombreux prix littéraires, et que je ne peux que vous recommander.

Delphine-de-Vigan-2.JPG L'auteur:


Delphine de Vigan est notamment l’auteur du best seller No et moi, plus de 400 000 exemplaires vendus toutes éditions Prix des Libraires 2008, adapté au cinéma par Zabou Breitman, et des Heures souterraines (2009), près de 100 000 exemplaires vendus en édition première et traduit dans le monde entier. Elle faisait partie de la dernière sélection du Goncourt. Elle vit à Paris

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 11:11

a-l-encre-de-chine.jpgA l'encre de Chine - Livre 1

de Christian Lejalé
Editions Imagine &Co (21 septembre 2011)

209 pages

Roman, Histoire, Chine, France

 

Résumé

1860. Après trois mille ans d'histoire, le Céleste Empire s'effondre.
Seul le Maître peut encore venir à bout des maux qui le rongent. Pour détruire ce vice empereur de Chine qui conteste son pouvoir, l'impératrice Ts'eu-hi va utiliser le plus terrifiant des poisons : l'amour.
Sacrifier l'Empire ou sauver celle qu'il aime, le Maître n'a pas d'autre choix. En essayant de sortir de ce piège machiavélique, il va entraîner Yuna, sa fille, dans la plus bouleversante des épopées.
Des guerres de l'opium à l'incendie du palais d'Été, et à la révolte des Boxers, les derniers soubresauts du Céleste Empire racontés par une femme qui, au soir de sa vie, entreprend de dire toute la Chine en une histoire si vraie qu'elle en paraît incroyable.

Mon avis


Dans ce livre, paru initialement en octobre 2010 en version illustré , toujours aux Editions Imagine & Co, Christian Lejalé nous entraîne en Chine sur les traces de "Celle qui danse avec le vent". Christian Lejalé, en 1977,  alors qu'il se promène dans la Cité Interdite, croise le chemin de celle qui fut une figure emblématique  de la révolution chinoise et dont le père eut un rôle primordial dans l'histoire de la Chine, égal d'un empereur bien qu'il ne le fût pas.

Ce livre est le fruit d'un enquête de près de 30 ans .Écrit comme un roman,ce n'est qu'en recherchant sur internet des éléments pouce billet que je me suis rendue compte que cette histoire était vraie, même si elle parait extrêmement romancée.

Ce tome 1 est principalement consacré aux ancêtres de Yuna et à l'histoire de la Chine du XIXeme siècle.

J'ai aimé le portrait de l'impératrice douairière Cixi (Ts'eu-hi  , qui régna sur l'Empire céleste de 1861 à 1912, et qui apparaît ici comme une femme manipulatrice, sûrement très intelligente et capable des coups les plus bas et monstrueux pour arriver à ses fins et assouvir ses désirs de vengeance. Le Maître, père de l'héroïne , est un homme énigmatique. Quant à Yuna, la fille du Maître, "Celle qui danse avec le vent', elle n'apparaît que dans le dernier tiers du livre . Née fille, mais dont l'identité sexuelle fut cachée pour éviter qu'elle ne soit tuée à sa naissance; Yuan la journée en public, Yuna le soir. Ce sont ses années d'enfance qu'on va suivre ici, élevée dans un petite village par une nounou aimante , sa mère ayant été exilée à la naissance de Yuna par l'impératrice Ts'eu-hi et son père parti servir le destin de son pays, un héros aux yeux de la petite fille; ce n'est qu'à 7 ans qu'elle fera la connaissance de ce dernier

Le style de Christian Lejalé , particulièrement travaillé, donne à cette lecture une impression de lenteur et de flottement qui m'a parfois dérangée car j'avais l'impression de ne pas avancer. Le dépaysement est total.
Ce n'est pas le genre de roman  vers lequel je serais allée de moi-même, n'étant pas réellement attirée par  la Chine et son histoire, mais au final j'ai apprécié cette lecture qui m'a fait découvrir quelques pans de l'histoire de ce pays que je ne connais que trop peu 


Merci aux Editions Imagine & Co, et à leur attaché de presse Gilles Paris pour cette avant première qui paraîtra le 21 septembre 2011

Le tome 2 est prévu pour le 24 janvier 2012

 

christian lejaléL'auteur

 

Né en Bretagne d'une famille d'origine irlandaise, Christian Lejalé a hérité des Celtes un goût prononcé pour l'imaginaire et les voyages. En 1982, après deux expositions photographiques présentées à Paris, en Haute-Savoie et en Bretagne, Christian Lejalé oriente ses activités de créations vers de grands spectacles. Il collabore avec le compositeur irlandais Shaun Davey pour le Brendan voyage, spectacle mêlant orchestre symphonique et images géantes auquel les cinq mille spectateurs du Festival Interceltique de Lorient et du festival des Tombées de la nuit de Rennes font un triomphe. Deux ans plus tard, c'est avec le compositeur grenoblois Henry Torgue que Christian Lejalé crée Mémoire des écumes, spectacle qu'il produit avec le même succès et qui sera prolongé par un livre et un disque. En 1985, Christian Lejalé crée ce qui deviendra Imagine & Co et se consacre principalement au cinéma. Producteur, scénariste et réalisateur, ses films sont régulièrement primés dans les festivals et font l'objet de nombreuses diffusions en télévision. En 1990, il reçoit le grand prix du court-métrage du Festival du film policier de Cognac pour Boomerang. L'année suivante, il tourne Loulou Graffiti (avec Anémone et Jean Reno). Ce long-métrage de fiction, diffusée avec succès en France est ensuite vendue dans quatorze pays. En 1995, Christian Lejalé signe son premier roman Docker (Denoël) qui obtient le prix des Lycéens de Marseille et le prix René Fallet. Suivent en 1997 Les Abîmes (Denoël), et en 2002 L'Éclipse rouge, (Flammarion) qui reçoit le prix du Salon du livre d'histoire de Senlis. Poursuivant une double activité littéraire et cinématographique, Christian Lejalé écrit, produit et réalise une douzaine de films documentaires entre 1997 et 2010. Il signe également chez Flammarion le très remarqué beau livre Trois étoiles de mer consacré au grand cuisinier Olivier Roellinger. Vendu à plus de dix mille exemplaires ce beau livre est couronné par le prix Antonin Carême. En 2010, Christian Lejalé étend les activités d'Imagine & Co à l'édition. Trois beaux livres sont publiés : Bourgeon Le Passager du vent, Voyage aux pays des merveilles avec Olivier Roellinger et À l'encre de Chine – Edition originale, illustrée de calligraphies et sceaux chinois.

Christian Lejalé sillonne la planète depuis dix ans pour enrichir la matière de romans, beaux-livres et films, qui ont en commun d'être ouverts sur le monde et seront publiés à intervalle réguliers dans les années qui viennent.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 11:55

juste-avant.jpgJuste avant  .
de Fanny Saintenoy .

Flammarion (24 août 2011)

120 pages

Roman, France

 

Résumé


Juste avant de disparaître, juste avant de continuer à vivre: voici le bouleversant portrait croisé d'une très vieille dame sur son lit de mort, Juliette, et de son arrière-petite-fille Fanny, bousculée par la vie moderne. Avec leurs deux récits qui alternent en courts chapitres, cinq générations s'observent, un siècle s'écoule: les orteils de Juliette enfant tombent congelés pendant la Première Guerre, le jeune mari Louis, résistant communiste, tombe pendant la Seconde Guerre. Une seule fille naît, c'est une rêveuse impénitente, et elle tombera d'un cancer à tout juste cinquante ans. Elle élèvera une fille sans mari, Martine, l'instit' hippie, obsédée par les voyages à l'autre bout du monde. Et enfin Fanny, la trentenaire paumée qui a donné naissance à Milena.

Face aux duretés de la vie, face à la mort qui sème la zizanie, ces femmes gardent une gaieté indéfectible. Ce texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche charme par sa maitrise et sa simplicité

Voici un texte qui alterne poésie douce et drôlerie franche.
Par la voix d'une très vieille dame sur son lit de mort, et par celle de son arrière-petitefille, une jeune femme que la vie moderne bouscule, cinq générations parlent. Face aux duretés de la vie, face à la mort qui sème la zizanie, leurs histoires transmettent une gaieté indéfectible.
Un premier roman, un récit court qui traverse le siècle, réussite rare de vigueur et de simplicité.

« Chère Fanny,
C'est un beau et juste texte, et d'une gaieté étrange, qui tient, je crois, à la façon dont vous rendez le bonheur d'être chez quelqu'un qui n'a pas été gâté en bonheur de vivre. »
Daniel Pennac

 

 

Mon avis


Dans ce premier roman  , Fanny Saintenoy nous livre un texte aux accents autobiographiques .  Fanny , une jeune femme, est  appelée au chevet de son arrière grand-mère mourante, Juliette, pour l'accompagner dans ses derniers moments. Juliette, au crépuscule de sa vie, se remémore ce siècle qu'elle a traversé, et dresse un portait de ces cinq générations de femmes (de sa propre mère à Fanny , son arrière petit fille, elle-même mère depuis peu).

 

Un texte court et prenant, qui se lit d'une traite où Fanny Saintenoy alterne les points de vue de ces deux femmes et de leurs souvenirs respectifs des moments de vie. Un écriture sensible et délicate dont la sincérité m'a touchée, un texte où la mort est joyeuse tant elle respire la vie.

 

Mon premier coup de coeur de cette rentrée littéraire 2011, paru aux Editions Flammarion le 24 aout 2011 

 

Et le lien vers le très beau billet de Pikkendorf sur son blog Quid hodie agisti


Rentrée-littéraire-iconoFanny_Saintenoy.jpgL'auteur


Professeur de français langue étrangère, puis responsable du centre d'apprentissage des langues de la Cité internationale universitaire de Paris, Fanny Saintenoy travaille aujourd'hui au cabinet du Maire de Paris.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 11:44

inverno.jpgInverno

d'Hélène Frappat

Actes Sud (31 août 2011)
Collection un endroit où aller

140 pages

Roman , France


Résumé


Dans l'enfance, Emmanuelle a été la meilleure amie de L. Vingt ans plus tard, elle resurgit dans sa vie, l'invitant à lui rendre visite quelque part en Bretagne. Dans le train qui, machine à remonter le temps, emmène L. et son fils vers les brumes du passé, les souvenirs et les destins prennent corps. Avec une délicatesse et une justesse rares, Hélène Frappat explore la position du témoin qui surprend chacun à la lisière de soi, au bord des autres. Cinégénique et musical, INVERNO effeuille les mystères de la mémoire et fredonne la dissonance des émotions, sur l'air d'une fugue où la nostalgie n'est jamais dénuée de violence.

 

Mon avis

Un  début bien  prometteur , avec une très belle préface et un chapitre introductif ouvrant sur le découverte de la scène d'un crime: c'est peut être le seul moment où je suis parvenue à m'intéresser à cette histoire. ...j'ai extrêmement vite décroché.
L. est une jeune femme mère d'un petit garçon ; elle a  quitté l'Italie pour la France, et qui voit réapparaître dans sa vie sa meilleure amie d'enfance, Emmanuelle qui l'invite" à la rejoindre en Bretagne. Emmanuelle est la fille de Bérangère, personnage central de ce livre.

Cette histoire faite de flash-backs revient sur des éléments passés de la vie de Berangère, qui, née de bonne famille, s'est enfui adolescente  pour vivre avec un homme jaloux avec qui elle ne sera jamais heureuse.

A noter que les trains sont omniprésents dans ce livre.

Malgré un style que j'ai trouvé plutôt élégant, et une construction nerveuse - les chapitres sont courts- ,qui ne m'a pas déplu,  l'ensemble m'est apparu confus et j'ai eu du mal à relier entre eux les différents passages de ce livre, gênée je pense par la temporalité dissonante qui se dégage de l'enchaînement de ces chapitres Et je n'ai pas réussi à m'intéresser  aux personnages qui m'ont semblé bien ternes et sans relief.

A souligner quand même la prise de risque d'Hélène Frappat qui nous livre ici un roman atypique et je suis persuadée que ce livre peut , même si ce n'est pas le cas pour moi, être un coup de coeur pour certains

Et je remerciebien sûr Lifbly, les éditions Furet de Nord et Actes Sud.

Rentrée-littéraire-icono


helene-frappat.jpg L'auteur

Hélène Frappat est née en 1969 à Paris. Traductrice de l'anglais et de l'italien, elle est l'auteur de quatre romans : Sous réserve (Allia, 2004), L'Agent de liaison (Allia, 2007), Par effraction (Allia, 2009 ; mention spéciale du jury, prix Wepler 2009) et INVERNO (Actes Sud, 2011).

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 11:33

rouler-.jpgRouler

de Christian Oster

Editions de l'Olivier (18 aôut 2011)
176 pages

Roman , France

 

 

Résumé


« J’ai pris le volant un jour d’été, à treize heure trente ». On ne sait pas grand-chose des raisons qui poussent le narrateur à quitter Paris et à rouler en direction de Marseille, ville qui s’est imposée à lui comme un mot plus que comme une destination. Le seul besoin de fuir ? Ce serait trop simple. N’a-t-il pas plutôt l’intuition que c’est justement en s’en remettant au hasard que la vie peut enfin apporter du neuf ?Avec ce livre où la géographie prend toute sa place, Christian Oster signe un de ses romans les plus forts. Son dénouement énigmatique revêt des accents tragiques, rares chez cet écrivain réputé pour son humour et son goût pour le nonsense. Christian Oster avait toujours rêvé d’écrire un « road novel », à la manière des grands romanciers américains. C’est désormais chose faite. En guise de Route 66, c’est sur les petites routes du centre de la France qu’il nous entraîne, à la suite de son narrateur, en quête d’on ne sait quelle chasse au trésor.

 

 

Mon avis:


Pas grand chose à dire sur ce livre qui est sorti le 18 août 2011 aux Éditions de L'Olivier. Sorte de Road movie littéraire , le narrateur parti de Paris roule direction le Sud de la France pour des raisons qu'on ne sait pas et nous raconte quelques-unes de ses rencontres faites en chemin. C'est tout. Et je me suis fortement ennuyée .

Pourtant l'auteur nous fait  passe par des lieux hauts en couleur (le Massif du Sancy , le Cantal, l'Ardèche, les Alpilles) mais qui se réduisent malheureusement à des noms et des numéros de routes . J'ai trouvé les personnages creux et disons-le, inintéressants. Et un style que j'ai trouvé  plat  et autocentré (avec des je, je, je répétitifs )


Et je signale une coquille en début de livre , Riom et Brassac- les- mines ne sont pas distantes de 150km mais de 70km

 

Ce livre a été lu en avant-premières dans le cadre de la rentrée littéraire Libfly, Furet du Nord que je remercie

Rentree-litteraire-icono.jpg

 

christian-oster.gifL'auteur


Christian Oster est né en 1949. Prix Médicis 1999 pour Mon grand appartement, adapté au cinéma par Claude Berri, il est l'auteur de 14 livres aux éditions de Minuit, dont, Loin d'Odile (1998), Une femme de ménage (2001), Trois hommes seuls (2008), Dans la cathédrale (2010) . Il a également publié des romans policiers et de nombreux livres pour enfants (à L'École des loisirs).

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 09:48

fille-noire--fille-blanche.jpgFille noire, fille blanche

de Joyce Carol Oates
Points (2011)
Editions Philippe Rey (2009)
377 pages
(Black Girl, White girl, 2006)

Roman, EU

Résumé


Elles se rencontrent au cœur des années soixante-dix, camarades de chambre dans un collège prestigieux où elles entament leur cursus universitaire. Genna Meade, descendante du fondateur du collège, est la fille d'un couple très " radical chic ", riche, vaguement hippie, opposant à la guerre du Vietnam et résolument à la marge. Minette Swift, fille de pasteur, est une boursière afro-américaine venue d'une école communale de Washington. Nourrie de platitudes libérales, refusant l'idée même du privilège et rongée de culpabilité, Genna essaye sans relâche de se faire pardonner son éducation élitiste et se donne pour devoir de protéger Minette du harassement sournois des autres étudiantes. En sa compagne elle voit moins la personne que la figure symbolique d'une fille noire issue d'un milieu modeste et affrontant l'oppression. Et ce, malgré l'attitude singulièrement déplaisante d'une Minette impérieuse, sarcastique et animée d'un certain fanatisme religieux. La seule religion de Genna, c'est la piété bien intentionnée et, au bout du compte inefficace, des radicaux de l'époque. Ce qui la rend aveugle à la réalité jusqu'à la tragédie finale. Une tragédie que quinze ans - et des vies détruites - plus tard, elle tente de s'expliquer, offrant ainsi une peinture intime et douloureuse des tensions raciales de l'Amérique.

 

Mon avis

 

ll y a longtemps que je voulais découvrir Joyce Carol Oates, en ayant beaucoup entendu parler, très souvent en bien, sur la blogosphère littéraire. C'est chose faite avec Fille noire, fille blanche et même si globalement j'ai beaucoup aimé ce livre, je suis quand même partagée par des sentiments ambivalents.

Le cadre principal de cette histoire est celui d'un collège" Schuyler College" aux Etats Unis et nous sommes en 1974. Deux jeunes filles de 18 ans, Genna et Minette sont "roommates", camardes de chambre littéralement (même si le mot camarade ici n'est pas forcément le plus approprié). Genna Meade est une jeune fille blanche et rousse, élevée par des parents ultra libéraux (un père avocat défenseur des droits civils et des terroristes, et une mère hippie et alcoolique) et descendante des fondateurs de l'école.Minette est une fille noire et a été élevée dans la religion par des parents ulta conservateurs (son père est révérend). Très vite, Minette semble  être la cible d'attaques racistes et la suspicion s'installe au sein de la petite résidence universitaire

Tout dabord, sur la forme générale, mon avis est extrêmement positif. J'ai trouvé la construction intéressante,( mélange de chapitres longs et d'autres très courts, et surtout j'ai trouvé ce livre  très bien écrit. Je ne sais pas si la traduction est fidèle au style de Joyce Carol Oates, en tout cas la traduction de Claude Seban m'a semblé remarquable . Le rendu est sombre, presque anxiogène, inconfortable et parfois déstabilisant. Et  même si elle ne sont pas positives, j'aime les sensations que procure la littérature quand elle va au delà des mots.

Les thèmes abordés sont nombreux : bien sûr la société des années 70 , les préjugées et droits raciaux, l'importance de la famille et de l'éducation et la culpabilité (thème central au livre mais dont on ne comprendra l'importance qu'à la fin)

Ce qui m'a dérangé ici, ce sont les personnages. je les ai trouvé agaçants et caricaturaux (la mère de Genna, Véronika , en hippie alcoolique est un modèle du genre) , même si certains vont à l'encontre des clichés habituels . Le personnage de Minette tout d'abord, cette jeune fille noire, à l'aspect ingrat, boulimique, sale, solitaire, désagréable,  antipathique, ultra croyante . Une  fille dont on s'apercevra peu à peu qu'elle met elle même en scène les attaques raciales, comme un appel au secours pour qu'on la remarque alors qu'elle se refuse à s'ouvrir aux autres et rejette en bloc tout signe amical. Minette qui va s'enfermer dans une sorte de cercle vicieux , de spirale infernale, une sorte de folie  dont elle ne ressortira pas. J'ai aimé la complexité de ce personnage agaçant au possible avec ces "Par-don" intempestifs, m'ai n'ai éprouvé aucune sympathie pour elle.
Le personnage qui m'a le plus gêné est celui de Genna que j'ai eu beaucoup de mal à cerner. Narratrice de cette histoire, même si elle parle de son histoire familiale (et en particulier  de son père Max à qui elle voue une sorte de culte) , j'ai eu l'impression de passer complètement à côté d'elle. J'ai eu l'impression de quelqu'un de paumée à la recherche de qui elle est, en qu^te d'amour également, mais sûrement étouffée  par l'héritage familial qu'elle porte en elle mais contre lequel on lui a appris à lutter.

Une lecture qui est loin de m'avoir laissée indifférente, m'ayant à la fois beaucoup plu et agacé.Je lirai d'autres ouvrages de Joyce Carol Oates,  assurément.

 


joyce-carol-oates.jpgL'auteur

Joyce Carol Oates est née le 16 juin 1938 à New York et a été élevée dans un milieu rural. Elle était très proche de sa grand-mère paternelle. Elle a commencé à écrire dès l'âge de quatorze ans.Elle enseigne la littérature à l'université de Princeton où elle vivait avec Raymond Smith, son époux, décédé en février 2008. Il dirigeait une revue littéraire, la Ontario Review.Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie. Au total plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle s'intéresse également à la boxe.Son roman Blonde inspiré de la vie de Marilyn Monroe est publié pratiquement dans le monde entier et lui a valu les éloges unanimes de la critique internationale. Elle a figuré deux fois parmi les finalistes du Prix Nobel de littérature.

Par Stef - Publié dans : Littérature France (chroniques)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

 

cooltext534471765.jpg

link

blogueuses

 

Paperblog

Présentation

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés