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Auteurs auvergnats (Chroniques)

Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 19:37

Marrakech--le-berceau-de-Saida.jpgMarrakech, le berceau de Saïda
de Nicole Gouleret
Editions Beaurepaire (2010)
132 pages
Roman, France, AUvergne

Résumé

Depuis qu’elle a posé le pied sur cette terre, une drôle de sensation de protection s’est déployée autour de Saïda : une sorte de bulle invisible, mais tellement douce, moelleuse. C’est comme si Marrakech la prenait en son sein, afin de lui livrer toutes ses merveilles, ses beautés. Elle se sent heureuse, calme.
Magie première de ce pays... de cette ville où elle est née, mais qu'elle ne connaît pas.
Mais quelles sont les intentions réelles de Youssef, ce bel homme charmant, très chic et, surtout, très mystérieux dont elle a fait la connaissance ?
Et pour Saïda, ce sentiment étrange qu'elle ressent en sa compagnie... est-ce vraiment l'amour ?

Mon avis:

 

Entre roman et conte moderne, ce livre nous entraine à Marrakech où nous suivons Saida, jeune femme de 25 ans. Saïda est orpheline, ses parents sont morts dans un accident de voiture alors qu'elle avait 10 ans. née à Marrachech, elle a  vécu en France depuis son plus jeune âge et ce voyage est l'occasion pour elle d'un retour à ses origines. Dans l'hôtel où elle réside, elle fait la connaissance d'un homme d'âge mur Youssef, et quelque chose d'impérieux l'attire vers lui. Et ceci semble réciproque. Mais les absences de Youssef se multiplient ..

Ce qui m'a le plus marquée dans cette lecture est l'aisance dont Nicole Gouleret fait preuve, grâce à  des termes extrêmement bien choisis et imagés, pour nous immerger dans cette ville J'ai trouvé  vraiment remarquable le passage où Saïda et son guide nous entraînent dans les différents souks de Marrakech,  tant j'ai eu l'impression d'être avec eux , presque étourdie par toutes ces couleurs et ces odeurs.
marrakech souk 1

Ce n'est qu'à la fin du roman que j'ai compris qu'il y avait un sens à cette histoire, bien au delà de la rencontre de ces deux personnes . (Pour tout dire, je pensais que cette rencontre n'était qu'un prétexte trouvé par l'auteur pou romancer cette visite de Marrakech. )

Une lecture très agréable, presque envoûtante, 

 

 

L'auteur (source http://auteurs-auvergne-bourbonnais.fr/)

 

"Dès l'enfance, j'inventais des histoires. Puis l'adolescence développa ma sensibilité je commençais à écrire des poèmes. Après une tumultueuse carrière de contrôleur des impôts, il devint essentiel pour moi de me réfugier dans mon monde mystérieux où je suis reine, ainsi naquirent beaucoup de poésies, de prose. Ma première oeuvre fut Julia se souvient : c'est une auto-fiction: "

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 18:30

Pardon-la-vie-si-j-ai-survecu.JPGPardon la vie si j'ai survécu

de Christine Chancel
Le Moulin du Gué-Chaumeix
1ere parution Edition Jeanne d'Arc (2005)
132 pages

 

 

Résumé

Des deux premières années de ma vie, je ne sais rien ou presque : « j'ai failli mourir ».
Enfant, je suis déjà une adulte en réduction : je ne dois rien laisser paraître de mes joies ou de mes peines. « Ce n'est pas bien, c'est agaçant ». Les silences font partie de mon langage. Trop jeune je comprends intellectuellement l'étendue et la complexité du monde « des grands ».
À l'âge de 10 ans un séisme affectif me frappe de plein fouet : « Désormais je vivrai avec mes parents ».
Adolescente, la découverte d'une autre vie me propulse dans ce monde de « grands »...
Et Danielle est arrivée.
Adulte, Serge entre dans ma vie.

Un regard lucide et introspectif sur les 25 premières années d'une vie, avec ses joies, ses peines, ses rebondissements et ses cataclysmes. Un enchaînement de situations dramatiques et de rendez-vous manqués avec le bonheur. Un roman poignant.


 

 

une-femme-de-caracteres-copie-2.JPGUne femme de "caractères"
de Christine Chancel

Le Moulin du Chaumeix

1ere parution Editions Jeanne d'Arc (2005)

181 pages

 

Résumé

 

Originaire de Bourges, Christine Chancel s'adonne aux joies de l'écriture dans son petit village de Champs, au bord des Combrailles auvergnates.
Après le succès de son premier roman "Pardon la vie si j'ai survécu", l'auteur nous invite à partager le quotidien de Martine, une jeune femme qui élève seule sa fille, après l'échec d'un premier mariage.
C'est à l'âge de dix ans que Martine doit aller vivre avec ses parents, quittant une grand-mère qui avait jusque-là tendrement veillé sur elle. "On ne montre pas ses sentiments, ça ne se fait pas, c'est agaçant", lui intime-t-on !
La vie a amené Martine à se forger un "caractère". Elle a vingt-six ans et Serge vient de lui demander de l'épouser. Elle a besoin de réfléchir, elle l'aime plus que tout autre, mais... Martine décide alors de partir pour Capri. Elle ne fuit pas... Elle espère seulement que le dépaysement et la distance l'aideront à prendre la bonne décision...

 

 

Mon avis

 

Même si ce sont deux livres bien distincts, Pardon la vie si j'ai survécu et Une femme de "caractères" devaient être regroupés à l'origine dans un même ouvrage. Or l'éditeur initial en décida autrement et en fit deux tomes, ce que trouve un peu bête tant les deux sont, à mon avis, indissociables et forment un tout. C'est pour cette raison que mon billet regroupe les deux livres.

 

Cette histoire, c'est celle de Martine qu'on va découvrir enfant puis suivre dans  différentes étapes de sa vie. Celle de la construction d'une femme , faite de joies et de frustrations , d'envies et de craintes, de drames et de bonheur, de choix à faire.. Une histoire qui sonne juste et , ce qui à mon sens est une des grandes qualité de ce livre, où chacune de nous peut à un moment où à un autre se reconnaître.

J'ai aimé le style simple,. qui m'a parfois fait penser à une sorte de journal . Une des principales différences entre les deux tomes( et qui peut éventuellement justifier leur séparation) est le temps utilisé. Pardon la vie si j'ai survécu est écrit au passé , une femme de "caractères" se conjugue au présent.

Je pense pouvoir dire sans m'avancer que Christine  Chancel a mis beaucoup d'elle même dans cette histoire, tant, les mots , au risque de me répéter, "sonnent juste". Pas de larmoyance, (et pourtant la vie ne fût pas souvent simple pour Martine), au contraire beaucoup de pudeur dans l'écriture et chez Martine , qui "enfant , était déjà un adulte en réduction" qui ne devait rien laisser paraître de ses joies et de ses peines.

Bref, une lecture qui m'a vraiment touchée tant par la justesse que j'ai ressenti dans l'écriture que par l'authenticité de son "héroine" Martine , que j'espère bien retrouver dans un nouvel épisode ;-)

 

 

L'auteur

 

christine-chancel-copie-1.jpg Christine Chancel est une romancière  née à Bourges et demeurant dans les Combrailles auvergnates. Elle est également relaxologue-sophrologue-analyste, animatrice radio et organisatrice de  salons du livre

 

Vous pouvez la retrouver sur sa page Facebook ou sur son blog

 

 

Extrait (Pardon la vie si j'ai survécu)

Les cigarettes étaient rares, pour un fumeur invétéré tel que mon père, pour qui, l'approvisionnement en nicotine relevait de l'indispensable. En plein maquis de la seconde guerre mondiale, chacun utilisait le système « D », dans cette tourmente. Un compagnon de combat, de misère, de papa, l'entraîna dans un tabac-presse, fréquenté essentiellement de journalistes, puisque situé près d'un quotidien notoirement connu.
– Tu verras, tu te mets la fille dans la poche, belle plante, en plus, et tu les auras tes mégots, Tony !
Devant tant de promesses alléchantes, en cette période de privations en tous genres, nos deux compères s'y rendirent sans hésitation. Ma venue au monde est liée à ces quelques volutes de fumée...

Ma naissance fut pour le moins indésirable. Si j'en crois la rumeur familiale, ma mère dansait et se déchaînait frénétiquement avec le vif espoir que le fœtus ne résisterait pas. Là, commence l'acharnement prénatal plus condamnable que l'avortement, plus lâche aussi. Pauvre fœtus ! Comme il dut lutter avec pugnacité !
Papa, disparu dans d'atroces souffrances, était issu d'une famille pauvre, pour laquelle se nourrir chaque jour restait incertain. Le respect d'autrui, la soif de connaissances, voilà ce que grand-mère Marie a su inculquer à ses quatre enfants. Seule, elle les éleva, tous menèrent à bien leur vie sociale et professionnelle. En revanche, sur le plan familial, pour chacun d'eux et leur progéniture, ce fut un cuisant échec !

Anne, ma mère, fille de commerçant, avec sa sœur Line, avait été élevée dans un milieu bourgeois décadent. Une « boniche » était là, intégrée à la famille, partageait ce qui pouvait l'être et cette présence marquait bien cette qualité de « bourgeois » qui restait la préoccupation fondamentale.
Mon grand-père maternel partit (abandonnant femme, enfants, commerce) poursuivre sa vie, dans le Nord de la France, avec une autre compagne.
Petite fille, je vivais chez grand-mère Laure. J'ai rencontré la compagne de mon grand-père, venue pour je ne sais quelle raison. Des bruits de disputes retentissaient dans la maison.

Je ne comprenais pas qu'il s'agissait tout simplement de grand-mère Laure qui tentait, vainement de rattraper l'infidèle... Bien sûr, maman était là !
Née, je ne sais trop par suite de quel miracle, je dus manifestement à un autre miracle ma survie. Mes deux premières années, d'après ce que j'appris plus tard, ma vie ne tenait qu'à un fil ténu, se déroulant entre « l'Hôpital des Enfants Malades » et les deux pièces de grand-mère Laure qui m'entoura de tout son amour et chez laquelle je vécus jusqu'à l'âge de douze ans.
En 1976, je me suis rendue à l'Hôpital. Cette allée interminable, bordée d'arbres, devait tout de même me reconnaître ! J'avais le secret espoir que derrière la baie vitrée, un docteur sortirait d'un tiroir mon dossier médical... La réalité fut toute autre et tranchante comme la lame d'un couperet :
–  Madame, je suis désolé, nous ne conservons les dossiers que vingt-cinq ans.
Née en 1949, mes deux premières années, effacées, gommées, balayées...
Ma plus fidèle compagne, fut la maladie. Si elle m'affligeait d'une otite ou d'une infection quelconque, je me retrouvais alitée – le jeûne, était d'avis familial déjà un bon remède – nourrie d'une soupe panade (mélange de pain dans de l'eau bouillie). Souvenir gustatif qui n'excite en rien mes papilles !
Papa souffrait d'une maladie, dite contagieuse, à ce titre, je ne devais pas vivre avec mes parents. Papa vivait « isolé » chez grand-mère Marie, sa mère, à six kilomètres de chez grand-mère Laure.
Onze années durant, maman chevauchait, par tous les temps, son vélo, le soir, pour rejoindre son mari et revenait par le même moyen de transport le matin.
Le microbe qui rongeait malignement papa était très discipliné. Il s'immisçait au sein du couple dès dix-neuf heures et le quittait le matin à sept heures ! Il ne devait pas apprécier le trajet matinal en deux roues... !
Dès son arrivée, maman me conduisait en classe avant d'aller effectuer quelques heures de ménage chez les commerçants du quartier, tout comme grand-mère Laure.

  

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 16:32

ange-et-loup-copie-1.jpgL'Ange et le loup
de Patrice Pelissier

Editions De Borée

Collection Terre de poche
256 pages

Résumé:

1996, Estrain, village perdu au coeur du massif du Sancy, sans attrait et sans entrain, se meurt lentement. Il se retrouve soudain sous les feux des projecteurs lorsque, au cours de sa tournée, le facteur découvre dans la « fermette aux volets bleus », habitée par un couple de marginaux et leur fille, le corps ensanglanté de la jeune femme. Les gendarmes et tout le village se mobilisent pour retrouver la fillette de 11 ans, en espérant qu’elle sera toujours vivante…
Dix ans plus tard, un nouvel orage vient assombrir le ciel d’Estrain et réveiller les consciences apparemment endormies.
Quel lien existe-t-il entre les deux drames ? Peut-être un ange…

L'auteur

Patrice Pelissier a vu le jour à Aurillac en 1968. Il a vécu pendant vingt ans à Clermont-Ferrand où, après une maîtrise de droit, sa passion des livres l’a rattrapé. Libraire pendant plusieurs années, il intègre ensuite le service relations presse et commerciales d’une maison d’édition, avant un passage en tant que chef de publicité dans le groupe Centre France. Passionné par les livres, il découvre très tôt l’écriture et publie cinq nouvelles dans les colonnes du journal La Montagne. L’action de son premier roman, L’Ange et le Loup, se déroule dans le massif du Sancy dont il est tombé amoureux, et où il a tenu une librairie quelques années.


Mon avis:

Je viens de terminer ce premier roman de Patrice Pélissier , et je l'ai trouvé vraiment très beau.

Cette histoire se passe dans le village (fictif ) d'Estrain , à proximité de Besse au coeur de l'Auvergne; "Le village d'Estrain , en AUvergne , avait la particularité d'être au beau milieu de nulle part dans le Massif du Sancy, loin de Besse- en Chandesse et de sa station de ski, éloigné également d'Egliseneuve d'Entraigue, quelque part à la limite du Cézallier. Une autre de ses particularités était de n'en avoir aucune......"

Un village comme il en existe tant en France, mourant à petit feu et "où la vie, morte d'ennui, s'enfuyait"


Jusqu'à cette nuit du 17 juillet 1996, où Estrain sortit de l'anonymat par un fait divers sordide. Dans une petite maison aux volets bleus, un peu à l'écart du village , une mère de famille est retrouvée morte, tuée à coups de couteau. SOn compagnon, un homme violent et alcoolique a disparu ainsi que sa fillette de 11 ans, la petite Mathilde.  Peu à peu une battue est organisée par les villageois pour retrouver l'enfant et son beau père.......

 

10 ans plus tard, presque jour pour jour, une colonie de vacances vient s'installer dans la maison au volets devenus bordeaux, alors même qu'un journaliste parisien vient faire un reportage sur le drame s'étant déroulé 10 as plus tôt...

Mais le destin semble vouloir s'acharner sur les habitants de la "maison aux volets bleus

J'essaie volontairement d'être évasive sur l'intrigue principale et de ne pas trop en dévoiler donc je m'arrêterai là pour ce qui est de l'histoire.

De nombreux thèmes asse forts sont abordés dans ce livre :en particulier  la maltraitance infantile, le remord,la culpabilité . Et également "celui de la responsabilité collective à travers la volonté de tout un village de ne pas vouloir voir ce qui se passait à la fermette aux  volets bleus. Si tout le monde savait, cela changeait tout. Si personne n'ignorait le penchant du beau-père pour la violence et l'alcool, c'est tout un village qui devrait plaider coupable de n'avoir rien fait et qui ferait mieux de ravaler sa superbe et éviter de se poser en victime."(p.137

'"Ici comme ailleurs, on est trop fier pour s'occuper des affaires des autres . Par contre, on sait très bien médire mais intervenir, ça jamais". (p.136)

 

Le style est moderne, les paragraphes courts, avec une  alternance des narrateurs,  et une fois ouvert, je n'ai pas pu lâcher ce livre.
Les personnages sont attachants, en particulier celui de la petite Mathilde, cette petite blondinette sauvageonne maltraitée par son beau-père et ignorée par sa mère, et la relation qui s'est tissée entre elle et  Serge Deltour, (cet immense gaillard solitaire , aux abords rustres et mais tellement  intègre, et personnage central de ce livre) est très belle.
Bref, les personnages, les mots et les sentiments qu'il évoquent  "sonnent " juste sous la plume de Patrice Pelissier et je ne peux que vous recommander ce livre
Et un grand merci aux Editions de Borée grâce à qui j'ai fait de très belles découvertes en 2010 et 2011 s"annonce sous les meilleurs auspices.

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 20:55

grange-aux-foins.jpgLa grange au foin
d'Antonin Malroux
Albin Michel (novembre 2010)
263 pages

 

Résumé

  Propriétaire de deux établissements parisiens à succès, Frédéric Sainturbain met à l’honneur dans ses menus la truffade du Cantal et l’aligot aveyronnais, souvenir de son enfance provinciale. Adopté lorsqu’il avait six ans par un couple de paysans, Frédéric a grandi au cœur d’une vallée d’Auvergne dans le bourg de Boisset-le-Château. Marie et Anselme lui ont transmis le goût et l’amour du travail à la ferme... Jusqu’au jour où deux gendarmes sont venus le chercher sans donner d’explications. Depuis, le jeune homme a fait son chemin. Mais, marqué par cette arrestation injuste, il n’est plus retourné dans le village ni n’a osé donner de ses nouvelles à sa famille adoptive. Il n’en pense pas moins toujours à la grange au foin où il fut si heureux, à sa petite amoureuse d’autrefois, Geneviève, la fille des voisins... À travers le parcours d’un de ces nombreux migrants du Massif Central, Antonin Malroux restitue de manière très vivante l’atmosphère à la fois chaleureuse et rude du « Cercle des Auvergnats de Paris ».

 

L'auteur
antonin-malroux-copie-1.jpgNé en 1942 à Boisset, village de Châtaigneraie, Antonin Malroux a notamment écrit un roman autobiographique qui s'y déroule et qu'il connaît bien pour avoir passé ses vacances alors qu'il était enfant: "L'enfance inachevée".
Et puis sa vie professionnelle, dans le milieu du vêtement (tailleur puis commercial en prêt-à-porter) l’a conduit aux quatre coins de France. “J’ai commencé et terminé ma carrière en Auvergne”, souligne avec fierté l’écrivain qui vit aujourd’hui à Clermont-Ferrand.
Trés attaché au terroir, il avoue que, même si les noms des lieux changent parfois, tous ses romans se déroulent bel et bien dans le Cantal. Et s’il reste un peu vague sur certains lieux, c’est pour que “chacun puisse faire un amalgame avec un endroit qu’il connaît”.
    *  La Grange au foin (2010)
    * Une poignée de blé (2009)
    * Le Jardin de Louise (2008)
    * Les Chemins de la communale (2007)
    * Les Trois marches (2005)
    * Un fils pour mes terres (2004)
    * La Vallée d'émeraude (2003)
    * L' Enfance inachevée (2001)
    * Le Moulin des rêves (2000)
    * La Noisetière (1998)


Mon avis

Petit tour à Paris et dans  Cantal, à proximité d'Aurillac, avec cette jolie histoire signée Antonin Malroux (que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors du Salon du livre de Blanzat fin novembre)

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, où se mêlent secrets de famille, amours perdus et retrouvés.
J'ai aimé  l'écriture classique de cet auteur, alternant narrations et dialogues. Je me suis attachée aux personnages , en particulier celui de Frédéric qu'on rencontre enfant , dans les années 1950, alors qu'il vit avec sa famille adoptive dans le petit village de Boisset le Château près d'Aurillac, et qu'il ressent ses premiers émois pour Geneviève, son amie d'enfance. Mais un jour où , sans qu'il sache pourquoi, il est arrêté par les gendarmes..

Paris 1980, on retrouve Frédéric, patron de 2 bistrots auvergnats à la capitale et appartenant au "Cercle des Auvergnats de Paris". Belle réussite professionnelle mais sa vie amoureuse ne lui a pas apporté satisfaction. Jusqu'au jour où son regard va croiser celui de  Lysiane, jeune femme d'une vingtaine d'années, hôtesse dans un restaurant. Malgré la différence d'âge, il va chercher à revoir cette jeune femme et la vie et ses hasards et coïncidences vont faire le reste: sa jeunesse auvergnate le rattrape et sa vie va en être bouleversée.
Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, mais sachez qu'elle réserve de belles surprises à Frédéric et Lysiane.Et je suis sortie de cette lecture joyeuse et pleine d'allégresse .

Et je remercie bien sûr Obiwi et les Eds Albin Michel pour ce partenariat grâce auquel j'ai pu découvrir cet auteur et cette belle histoire

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 19:02

fayolle-a-la-fin.jpgA la fin, tout le monde est mort

de Raphaël Fayolle

Editions Jean Paul Bayol,(octobre 2010)

Collection l'Esprit de l'escalier
154 pages

Résumé

Raphaël Fayolle a eu la sagesse d'attendre l'âge quasi canonique de 39 ans pour nous livrer ces sept histoires polychromes aux antipodes de l'autofiction.

Dans La Maison rose, Jean Pranard, paysan auvergnat, se demande s'il est mort ou pas.
Le Cerveau blanc est la notice nécrologique d'un personnage illustre n'ayant peut-être jamais existé.
Le Châle orange décrit de façon méticuleuse l'épouvantable vengeance d'une jeune femme bafouée.
Le Hêtre roux retrace une histoire d'amour qui s'achève avant de commencer.
Le Ballon jaune raconte la triste vie d'un petit personnage dont on ne découvre qu'à la dernière page – sanglante – l'identité.
Le Bus bleu relate la fin tragique d'un homme au cœur brisé.
L'héroïne des Escarpins rouges se survit à elle-même depuis déjà quelques années.
Ce qui relie toutes ces nouvelles entre elles ? La mort, l'amour, l'humour.


L'auteur

Raphaël Fayolle est né au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, en 1970, ville dans laquelle il a tant bien que mal grandi jusqu'à ses 18 ans.
Aujourd'hui, il partage son temps entre Clermont-Ferrand, au pied des volcans auvergnats, et Saint-Michel-sur-Meurthe, au pied des chaumes vosgiennes.
Après avoir été professeur d'espagnol, il exerce l'honorable activité d'écrivain public.

Mon avis

 

Attention, Talent

Je connaissais Raphaël Fayolle de par son blog , dont je suis une lectrice régulière.

J'avais lu son premier roman Namor, roman fort et difficile sur la folie , qui m'avait assez remuée,.( Je voulais le "digérer" avant d'en faire un billet et je ne l'ai toujours pas écrit.)

Voici cet auteur dans un tout autre exercice: celui de la nouvelle. Exercice difficile où beaucoup se sont cassé les dents.
Un thème récurrent de ces 7 nouvelles  , (et présent également dans Namor), celui de la mort ". Dès le titre, on sait ce qui nous attend  : à la fin, tout le monde est mort (enfin presque)
Je ne vais pas reprendre les nouvelles une par une , faute de temps. Myster jazz le fait très bien dans son excellent article que vous pouvez retrouver ici.


Chaque histoire est singulière , que ce soit sur le fond ou sur la forme (hormis le thème récurrent de la mort, qu'elle soit volontaire (suicide) ou subie (meurtre)). Pour chaque nouvelle, Raphaël Fayolle adopte un style de langage différent, une structure différente et en cela, j'ai trouvé ce livre extrêmement intéressant. (Lorsque j'aurai un peu plus de temps, je mettrai en ligne des extraits).

Dans chaque nouvelle, on retrouve quelque chose de l'auteur:
- l'Auvergne d'où Raphaël Fayolle est natif, et qui est le cadre de plusieurs d'entre elles ( La Maison rose qui se déroule à Vinzelles,( vers Maringues,) le Hêtre roux dans les Combrailles, le bus Bleu à Clermont Ferand),
-son attrait pour l'Espagne , (il enseigna l'espagnol) ( le cerveau Blanc, sorte de nécrologie à l'humour corrosif d'un écrivain grenadin; ou encore Le bus Bleu dont  le héros disparu est professeur de castillan).
-Le rugby en prend aussi pour son grade dans le Ballon Jaune , où Raphael exprime tout le bien qu'il pense de ce sport (et inutile de dire que je ne partage pas son avis!!!)


Certaines nouvelles sont très dures : la dernière, les Escarpins rouges , m'a mis particulièrement mal à l'aise et j'ai trouvé que c'était un exercice de style remarquable que celui de trouver les mots de cette femme devenue handicapée mentale (on a l'impression de lire une enfant ) suite à une tentative de suicide.  Idem pour le Châle orange décrivant un crime digne des thrillers les plus sombres.

D'autres nouvelles sont plus légères.La première , La Maison rose ,(où un homme qui a tenté de se suicider, est persuadé qu'il est mort et se demande pourquoi il  ne semble pas l'être aux yeux de ceux qui le voient, )  flirte parfois avec le fantastique et offre des situations décalées. Beaucoup d'humour également dans le Ballon jaune , où le narrateur est tour à tour l'homme, sa femme, ou Max .... Humour léger et grinçant  aussi ( ou galerie de portraits de personnages existants?? ) dans le bus bleu, nouvelle qui prend la forme d'une enquête avec une succession de personnages tellement crédibles!!

 

Bref , vous l'aurez compris , j'ai adoré,

Et pour ceux qui sont du côté de Clermont Ferrand le week end du 27 et 28 novembre 2010, Raphaël Fayolle sera en dédicace au Salon du livre de Blanzat


Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 19:03

ou-est-passe-le-brennus.jpgOù est donc passé le Brennus ? 

de Jean Dussoleil 
Préface de Jacques Rougerie

Editions ACVAM (3eme trimestre 2010) 
78 pages

 

Résumé


Le samedi 29 mai 2010, l’ASM Clermont-Auvergne vient pour la première fois de remporter le bouclier de Brennus. Le dimanche, l’accueil des Clermontois pour son équipe est gigantesque. Comme la veille c’est du délire place de Jaude. Mais le lundi matin, impossible de mettre la main sur le trophée. On cherche, on interroge, on soupçonne, il a bel et bien disparu : « Où est donc passé le Brennus ? ». Policiers et gendarmes vont mener l’enquête avec l’aide des supportrices et des supporters de l’ASM. Les clubs nationaux et régionaux vont aussi leur prêter main forte. Les autorités préfectorales et municipales apportent un précieux concours. Les télévisions, les radios, les journaux sportifs et autres quotidiens se font l’écho de cette invraisemblable disparition. Malgré toutes les bonnes volontés le bouclier reste introuvable et les Auvergnats en ont gros sur le cœur. Seul Vercingétorix sur son cheval brandit fièrement les couleurs de l’ASM. Elles flottent au vent au bout du glaive du chef gaulois. C’est peut-être là que se tient la clef de l’énigme ….

 

 

Mon avis

Le 29 mai 2010, un évènement majeur a fait trembler les terres auvergnates. Non, non, les volcans ne se sont pas réveillés, mieux que ça, l'ASM Clermont Auvergne fit nôtre le bouclier de Brennus . Champions de France de rugby, cela peut paraître bien dérisoire aux yeux de certains , mais ici, en AUvergne et qui plus est à Clermont Ferrand et ses environs, ce fut une liesse incroyable et le retour des Jaunards "à la maison" fut fêté avec euphorie" Imaginez donc, près de 100 ans qu'on l'attendait ce satané bout de bois , 10 finales perdues dont les 3 dernières de suite les années précédentes; certains parlaient même de malédiction. Et enfin le voilà...

 

asm-brennus-copie-1.jpg

C'est  2 jours plus tard soit le 31 mai 2010 que démarre cette nouvelle de Jean Dussoleil. Mais "où est donc passé le Brennus,", c'est la réflexion que se fait Lucien Pujol, le concierge du Stade Michel, l'équivalent du Chaudron de l'AS Saint Etienne. Car oui, le "fameux bout de bois" a bel et bien disparu....Et cette disparition soulève un tollé à la mesure de la liesse qu'entraina son arrivée en terres arvernes...

asm-brennus-2010.jpg

Certes ce petit livre n'est pas exempt de défauts (coquilles et ponctuation approximative), mais je l'ai trouvé attendrissant. et au delà de l'intrigue 'gentillette", on a là un très bel hommage à cette équipe des Jaunards qui nous a tant fait vibrer, dans la victoire bien sûr , mais également dans les défaites précédentes. Un bel hommage également à tous les supporters, qui soutiennent cette équipe, que ce soit dans la victoire  ou dans la défaite, tous ces petits bars des villes et village du Puy de Dome , où les habitants se rassemblent et partagent leur passion.

A noter la présence de photos à l'intérieur, ainsi qu'une belle préface de Jacques Rougerie

Bref un joli hommage  au rugby en général, à cette "'école de la vie" , qui m'a touché, étant moi-même amatrice de ce sport dans lequel j'ai baigné depuis mon plus jeune âge grâce à mon papa , dans la vie duquel il tient une place très importante

Et un grand merci aux Editions ACVAM

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 18:08

secret-belle-maison-copie-2.jpgLe Secret de Belle Maison   
de Jean-Pierre Croizier   
Editions de l'Ecir (avril 2010)  
384 pages  

 

 

Résumé

Antoine, onze ans, qui jusqu’à présent avait été élevé comme un prince au château de la comtesse, est confié à son oncle Émile qui le traite moins bien que son chien. Jusqu’au jour où l’enfant réussit à s’enfuir. Il est alors recueilli par Rosine, marchande des quatre saisons. Ces deux naufragés de l’existence concluent un pacte, dans lequel ils se jurent protection mutuelle. Mais Émile est aux trousses d’Antoine. Le jeune garçon n’est à l’abri nulle part...


L'auteur


Jean-Pierre Croizier s’adonne depuis peu à l’écriture. Le Secret de Marcenat et La Fille du Passeur, ses deux premiers romans, parus en 2007 et 2008 aux éditions de L’Écir, ont connu un réel succès. Avec ce troisième roman, il démontre une fois encore son talent de raconteur d’histoires.

 

 

Mon avis

 

Je remercie tout d'abord les Editions de l'Ecir (Deboree) pour cet envoi.
Nous sommes en 1890. Cette histoire  commence dans la Nievre, à proximité de Nevers, au château de Belle Maison où deux notaires décident de l'avenir du petit Antoine, jeune garçon de 11 ans, dont la maman, employée au Château , vient de se suicider , laissant son fils orphelin,( celui-ci n'ayant jamais connu son père).
Il est confié à son oncle, Emile Rouvet, tanneur à Maringues, ville du Puy de Dome au Nord Est de Clermont-Ferrand en contrepartie d'une rente mensuelle. A peine arrivé chez son oncle et sa femme" l'Adèle", Antoine subit leurs mauvais traitements ainsi que les humiliations de ses cousines. Rapidement, il s'enfuit par le train à Clermont-Ferrand et pendant le voyage,  rencontre Fernand, un homme originaire de Volvic , issu d'une famille de tailleurs de pierre ;  Fernand se prend très vite d'affection pour le jeune garçon et l'amène avec lui chez son amie  Rosine, marchande des quatre saisons à Montferrand. Mais Emile, déterminé à retrouver Antoine pour pouvoir toucher la pension, mets tout en oeuvre pour le rattraper.

Jai lu cette histoire quasiment d'une traite . Le livre est découpé en chapitres et le rythme assez rapide. Le style de Jean Pierre Croizier,  simple et fluide, est agréable. L'action est très présente tout au long du livre.

L'auteur nous fait découvrir des métiers quasiment oubliés de nos jours . La ville de Maringues par exemple avec ses tanneries en bordure de la rivière la Morge (et dont la dernière fut fermée  en 1920)

musee-tanneries-maringues.jpg

Et également Volvic aves exploitations de pierres de lave, de couleur noire si caractéristique , et ses peyradous, "ceux de la corporation qui extraient la pierre puis qui la bardent pour la charrier, ainsi que ceux qui la taillent et ceux qui la sculptent."
Notre-Dame_de_la_Garde_-Volvic-.JPG

J''ai par contre été un peu dérangée par le côté caricatural de certains personnages (comme par exemple les méchants époux Rouvet) et de certaines scènes "gag" peu crédibles qui m'ont empêché de vraiment adhérer à cette histoire . J'ai même parfois eu l'impression de me trouver dans un roman jeunesse.

 

Mais malgrè ces petits reproches, j'ai pris du plaisir à faire cette lecture

A noter que ce livre a reçu le Prix du roman d'Auvergne 2010.



Note : 14/20

 

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 19:02

honneur-bories.jpgL'honneur des Bories  
de Florence Roche
de Borée (février 2010)
384 pages


Résumé:


Lorsque Yvon arrive à la ferme des Bories pour y être embauché, il est accueilli à bras ouverts car le domaine, de sinistre réputation, n’attire guère la main-d’oeuvre. Paul Bories a, en effet, été condamné au bagne à perpétuité pour le meurtre de sa propre fille, Paulette. Ce que la famille du bagnard ignore en revanche, c’est qu’Yvon, surveillant-chef de la prison où Paul est embastillé, est persuadé de son innocence. Mais si Paul n’a rien fait, qui est le coupable ?


L'auteur
L’Histoire avec un grand H est composée de « petites histoires », Florence Roche le sait et tisse des récits prenants qui, bien que fictifs, inventent ce qui aurait pu être la vérité. Elle a déjà démontré son talent dans Des monts de résistance et Les Hautes Terres. Elle le confirme dans L’Honneur des Bories.

Mon avis

 

Fin du XIX siècle, dans un bagne de Cayenne. Yvon est gardien et s'est lié d'amitié avec Paul Bories, bagnard accusé du meurtre de sa fille Paulette dans sa ferme de Haute Loire en 1891. Convaincu de l'innocence de son ami i et profitant d'une année sabbatique, Yvon décide de se rendre à la ferme des Bories et de recueillir les preuves qui pourraient l'innocenter.

 

Florence Roche nous livre ici un roman du terroir mâtiné d'intrigue .
Lorsque Yvon arrive dans ce petit hameau de Bigorre (hameau existant encore de nos jours et demeurant un des derniers villages avec des chaumières, des maison en pierres traditionnelles recouvertes de chaume ou de lauzes) , il se fait embaucher commedans la ferme de Paul désormais régie par sa femme Blaisine. Blaisine est une belle femme, au caractère affirmé. Elle semble avoir   tiré un trait sur son mari et c'est avec Amédée, marchand de bétail au Puy s'étant installé à la ferme, homme volontaire, brave et amoureux, qu'elle a refait sa vie. Blaisine porte le deuil et la tristesse du décès de sa fille aînée Paulette, quatre ans plus tôt . Ses deux autres enfants, Michel et Adélaîde, ont déserté la ferme peu de temps avant la mort de leur soeur, Michel pour s'inscrire au Séminaire afin de devenir prêtre, et Adélaîde pour aller au Puy et exercer ses talents de dentellière. A la ferme, Blaisine est secondée par Toinou, jeune homme un peu benêt et sans malice et deux fillettes louées pas leur parents. Il y a également Marthe, la mère de Blaisine, femme solitaire, gentille et bonne,  vivant en retrait et élevant le petit Garysse, le fils qu'avait eu Paulette avant de mourir. Marthe est la seule à croire en l'innocence de Paul.
bigorre.jpg
Au fil des jours, Yvon va peu à peu arriver à percer les secrets de cette famille. Pourquoi Paul son ami était-il devenu alcoolique ?. Yvon va t'il réussir comprendre ce qui est arrivé à Paulette, un jour de 1891, dont le corps fut retrouvée un mois après sa disparition  émergeant d'une rivière? Paul retrouvé ivre mort et tâché de sang dans sa grange le soir de la disparition de sa fille, l'a t'il réellement tué comme les apparences le laissent supposer?

 

Les personnages sont très bien décrits , profonds et attachants. J'ai trouvé de plus ce livre  très bien écrit, avec un style classique très agréable à lire. L'auteur fait alterner les chapitres où on suit Yvon dans sa quête de la vérité et d'autres chapitres où il se remémore les conversations qu'il avait eues avec Paul au bagne. .

 

J'ai beaucoup aimé également comment  Florence Roche parle de ces métiers en voie de disparition comme la dentelle du Puy ou la coutellerie de Thiers. La dentelle au carreaux, que j'ai vu pratiquer par ma maman, transmise à l'époque de mère en fille, où les "doigts passaient et repassaient en saisissant et en enchevêtrant les fuseaux autour d'aiguilles qu'elles piquaient , dépiquaient, repiquaient avec une dextérité étonnante, sans oublier la dessinatrice,  la piqueteuse, la crayonneuse, l'aponçeuse et la plieuse.

 

coiffuresdupays.jpg

 

Et je me suis complètement immergée dans cette Auvergne de la fin du XIXeme siècle, et dans cette histoire qu'il m'a été très difficile de lâcher .

 

En résumé une trés bon moment de lecture avec des personnages attachants et une intrigue très interessante.

 

Note 17/20

 

Et je remercie les Editions de Borée pour cet envoi

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Dimanche 1 août 2010 7 01 /08 /Août /2010 13:34

derniere-proie.jpgLa dernière proie   

de Patricia Valantin  
Le Point -Thiers (auto édition) (2006)  
296 pages   

 

Résumé:

Thiers, ville paisible du Puy de Dôme...

Du fin fond de ses ruelles exiguës, un psychopathe veille, traque...et tue !

Qui est-il ? Que veut-il? Nul ne le sait. Une chose est sûre : mieux vaut passer son chemin et ne pas provoquer son courroux...

Fou d'amour, il est prêt à tout !



L'auteur :

Patricia Valantin est une auteure habitant dans le Puy de Dôme à Thiers. Elle signe ici son cinquième roman noir. Avec la dernière proie, elle endosse le rôle de l'assassin et nous fait partager sa folie meurtrière.

 

Mon avis:

J'ai découvert et rencontré Patricia Valantin lors d'un salon du polar auvergnat organisé au printemps à St Maurice es Allier, près de chez moi. 

 

L'intrigue de la dernière proie se déroule principalement à Thiers, ville du Puy de Dome surtout connue pour son activité de coutellerie.

0179--Small-.jpg

Mais ce ne sont pas des couteaux qu'utilise le tueur en série de ce roman, il étrangle ses victimes.

Ce livre aurait ou s'appeler "dans la peau d'un psychopathe". Écrit à la première personne, nous voilà donc, nous lecteurs, placés dans la peau de Raphael, individu à priori quelconque, discret et passant plutôt inaperçu., représentant de commerce de son état. Mais sous cette apparence banale, Raphael est un psychopathe. Il veille, traque sa  proie ...pour la tuer. Celle qu'il a choisie comme son ultime victime, sa "dernière proie", c'est Nicole, très belle jeune femme de 30 ans vivant à Thiers, célibataire, serveuse dans un restaurant la journée et dans un club le soir. Après des mois resté à l'épier, Raphaël décide enfin que le moment de l'aborder et de faire d'elle la sienne est venu. Mais avant son ultime crime, rien ne devra venir bouleverser le scénario qu'il s'est fixé.

 

Paticia Valantin nous offre ici un policier limite thriller alliant deux sous-genres : - tueur en série et -psychologique. Tueur en série car Raphaël n'en ai pas à son premier crime en début de livre et qu'il en commettra d'autres avant celui qu'il s'est fixé- Et psychologique car l'auteur va nous monter comment Raphaël va peu à peu s'approprier cette femme , détourner ses appréhensions et ses craintes.
Le scénario est cohérent, et les personnages assez bien décrits et j'ai eu parfois de la sympathie pour celui de Raphaël

 

Le style de Patriciat Valantin est agréable, et le livre bien structuré en chapitres et sous -chapitres, chacun étant illustré par une photo noir et blanc des lieux cités. Cette histoire se lit facilement et même si l'ensemble est "gentillet ", je ne me suis absolument pas ennuyée.

Note : 14/20

Si vous êtes interessés par ce livre, il est auto édité. Et disponible auprès de l'auteure à 20 € (hors frais de port). Me laisser un message pour que je vous mette en relation

 

Patricia Valentin sera présente à la Fête du livre de St Etienne sur Usson le 08 août 2010.

 

 

 

 



Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 21:53

longues-fiancailles.jpgDe longues fiançailles
de Jean-Pierre Leclerc
Presses de la Cité (juin 2010)
Collection Terres de France
288 pages

Résumé:

Auvergne, au puy de Sancy, années 1920.
Orpheline et servante de ferme, la jeune Louise ne connaît de la vie que labeur et solitude. Seul Mile, compagnon d'infortune de trois ans son aîné, lui apporte réconfort et protection. A bout, l'adolescente maltraitée par un maître brutal s'enfuit pour Clermont, où elle devient une jeune ouvrière consciente de ses droits. Obnubilée par ses origines, il lui reste encore à trouver la trace d'une mère idéalisée. Et choisir qui, de Mile, l'ami fidèle, le seul à connaître sa blessure secrète, ou de Pierre, bourgeois gagné à la cause des « petites gens », ravira son coeur sensible.
Jean-Pierre Leclerc signe le portrait d'une héroïne à fleur de peau, qui s'émancipe à une époque charnière, celle de l'arrivée au pouvoir du Front Populaire. Il décrit aussi une Auvergne rurale rigoureuse et figée.

L'auteur

 

Né à Clermont-Ferrand, Jean-Pierre Leclerc vit à Paris depuis 1977. Il se partage entre sa passion pour l'écriture et la comédie. Il a joué dans de nombreux films, téléfilms et pièces de théâtre et a déjà publié plusieurs livres. Avec ses romans parus aux Presses de la Cité, il honore la culture d'une région de tempérament, l'Auvergne.


Bibliograhie:

 

Les livres de l'auteur :
Les années de pierre
Julien ou l'impossible rêve
Un amour naguère
La rouge batelière
L'eau et les jours
Les Sentinelles du printemps
A l'heure de la première étoile
Les Héritiers de Font-Alagé
De longues fiançailles

 

Mon avis

 

Ce roman débute dans les années 2O, en Auvergne, dans les montagnes du Sancy, plus précisément à Espinasse, village à proximité du lac du Guéry.

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Louise est une jeune fille de 13 ans, orpheline aux service des Chabrier. Georges Chabrier est un fermier alcoolique méchant et rustre, au contraire de sa femme Mathilde, courageuse et bienveillante. Mais cette dernière meurt, usée par la fatigue et l'indifférence de son époux. Seul Mile, jeune homme de 17 ans en début de livre et travaillant également à la ferme, apporte par son amitié, sa gentillesse et son soutien un peu de chaleur dans la vie de Louise. Jusqu'au jour où Chabrier, mû par ses plus vils instincts, viole Louise.Celle-ci se fait alors la promesse que jamais plus elle ne se laisserait abuser. Un jour, accablés par la charge des travaux leur incombant, la sordidité de leurs vies et la mauvaiseté de Chabrier, Mile et Louise décident de s'enfuir et rejoignent Clermont Ferrand où rapidement, ils trouvent un toit et un travail; (Mile décharge des paquets aux Halles de Clermont et Louise trouve un emploi comme femme de ménage dans une manufacture de tissus clermontoise). Ils rencontrent Pierre, jeune étudiant issu d'une famille aisé.

Une dizaine d'années plus tard, on retrouve Louise, toujours célibataire et devenue ouvrière dans la manufacture de tissus.Mile est parti à Paris faire son service militaire et Louise et Pierre se revoient de temps en temps

 

Cette histoire, c'est donc avant tout celle de Louise , que l'on va suivre jeune fille puis femme. C'est un personnage attachant, sensible mais qui va peu à peu se forger une carapace et devenir une femme d'une grande force. J'ai été touchée par ses blessures, ses doutes, son incapacité à se laisser aimer physiquement   mais aussi par son engagement pour les causes qu'elle croit justes.

Ce livre est également une dénonciation de la phallocratie ambiante de cette époque, avec bien sûr le personnage de Chabrier, cet homme détestable, rustre, vil et alcoolique ; mais aussi avec les chefs de la manufacture de tissus où les ouvrières ne sont pas mieux traitées que du bétail.

C'est aussi un bel hommage au féminisme naissant , avec des références à Louise Michel, Rosa Luxembourg et surtout , Clara Zetkin. Et aux mouvements ouvriers liés à l'arrivée au pouvoir du Front Populaire, et l'élan de revendications qui s'ensuivit  et aboutit aux 2 deux semaines de congés payés.

 

Clermont_vu_de_Montjuzet.JPG


Et c'est également un livre ancré dans sa région, l'Auvergne, où est né l'auteur et qui est également la mienne et plus particulièrement Clermont Ferrand et le Sancy. Jean Pierre Leclerc trouve les mots justes pour dépeindre la vie dans ces petites fermes,et ces petits hameaux, souvent isolés, et où le climat rigoureux entretient la promiscuité. On est au début du siècle dernier, mais je pense que la situation décrite , où les hommes par exemple boivent pour tuer l'ennui pendant les longues soirées d'hiver , n'a guère évolué aujourd'hui. Et puis il y a Clermont Ferrand, la grande ville, qui représentait l'espoir d'un travail avec les différentes manufactures et d'une vie moins ennuyeuse  pour ces gens venus des montagnes. Avec son tramway ( qui fut abandonné en 1956 au profit du réseau de bus, puis réintroduit dans les années 2000), ses voitures, ses restaurants,cinémas et ses premiers quartiers Michelin dont certains subsistent encore aujourd'hui.

 

J'ai beaucoup aimé le style de cet auteur, alternant narrations et dialogues. Les descriptions, bien que courtes, sont particulièrement soignées et imagées et je n'ai eu aucun mal à me représenter les lieux de cette histoire (que ce soient par exemple la vie dans les montagnes ou les conditions de travail dans la manufacture) .

En résumé, une lecture qui m'a séduite, un personnage, celui de Louise, qui m'a touchée, et un auteur sur lequel je vais me pencher

Note 16/20

 

Et je remercie Les Editions Presses de la Cité -Collection Terres de France pour l'envoi de ce livre.

A noter que cette lecture rentre dans le cadre du Challenge des livres et des régions pour l'Auvergne.

Par Stef - Publié dans : Auteurs auvergnats (Chroniques)
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